Prévenir les violences faites aux femmes dÚs l'enfance
PrĂ©venir les violences faites aux femmes dĂšs l’enfance
đ Quel lien entre les violences faites aux femme et lâĂ©ducation au respect et Ă l’empathie dĂšs lâenfance ?
Le 25 novembre marquait en France et dans le monde la JournĂ©e internationale pour lâĂ©limination des violences Ă lâĂ©gard des femmes. Cette date nous rappelle une rĂ©alitĂ© difficile : les violences â quâelles soient physiques, psychologiques, sexuelles, Ă©conomiques, administratives ou verbales â touchent encore un trĂšs grand nombre de femmes.
Mais elle nous rappelle aussi une autre chose essentielle : la violence ne naĂźt jamais de nulle part. Elle sâapprend, souvent trĂšs tĂŽt. Et Ă lâinverseâŠÂ l’empathie, le respect, l’ouverture d’esprit,…  se cultivent aussi dĂšs l’enfance.
đ¶ Pourquoi est-ce que cela nous concerne, nous parents ?
Parce que lâun des terrains les plus puissants pour prĂ©venir les violences de demain, ce sont les relations que nos enfants vivent aujourdâhui.
En famille, chaque jour, ils découvrent ce que signifient les mots : consentement, limites, droits, écoute, égalité, pouvoir, et comment on les utilise.
Quand un enfant est considĂ©rĂ© comme un sujet de droits, et non comme un objet quâon Ă©duque ou quâon cadre uniquement de lâextĂ©rieur, il apprend progressivement :
- quâil a le droit de dire nonÂ
- que chaque personne a des besoins et limites différents
- que lâon peut exprimer sa colĂšre tout en respectant lâautre
- que la force, lâintimidation ou le contrĂŽle ne sont jamais des moyens acceptables
- quâune relation saine se construit dans lâĂ©coute, lâempathie et la rĂ©ciprocitĂ©.
Autrement dit : une Ă©ducation respectueuse nâest pas « laxiste » â elle est prĂ©ventive, structurante et profondĂ©ment Ă©galitaire.
đ§đœđŠđ»Ăduquer les filles ET les garçons : deux faces dâun mĂȘme enjeu
Avec la visibilitĂ© grandissante d’une certaine masculinitĂ© toxique, nous vous encourageons vivement Ă vous sensibiliser Ă ces nouveaux « courants de pensĂ©es » qui sont dĂ©jĂ prĂ©sents dans les cours de rĂ©crĂ©ation dĂšs l’Ă©lĂ©mentaire avec deux documentaires :
– « Les gourous de la virilité » ici
– « Mascus, les hommes qui dĂ©testent les femmes » ici
Ainsi, la prévention ne peut pas reposer uniquement sur les épaules des filles (par prudence) ni uniquement sur celles des garçons (par responsabilisation).
Pour bĂątir une culture du respect, il faut parler à tout le monde et de la mĂȘme façon. Et dans le mĂȘme temps, au vu de la culture patriarcale de notre sociĂ©tĂ©, il est bon d’adapter le message :
Pour les filles particuliÚrement :
- savoir que leurs Ă©motions et leurs ânonâ sont lĂ©gitimes
- reconnaßtre les situations de pression, de contrÎle ou de dénigrement
- développer la confiance en elles et en leur intuition
Pour les garçons particuliÚrement :
- pouvoir exprimer les émotions, la vulnérabilité, la tendresse
- comprendre les limites, le consentement, lâĂ©galitĂ©
- apprendre que la force nâest pas un outil relationnel ;
- ĂȘtre encouragĂ©s dans la coopĂ©ration plutĂŽt que dans la domination.
Quand les filles apprennent qu’elles ont des droitsâŠ
Quand les garçons apprennent quâils nâont pas Ă ĂȘtre « forts » pour existerâŠ
Alors les relations futures deviennent plus saines, plus égalitaires.
đŹ ConcrĂštement, cela commence par de petites choses
Dans le quotidien, de simples gestes ont un immense impact :
- Demander le consentement pour un cĂąlin, un bisou, mĂȘme Ă un jeune enfant
- Accueillir les Ă©motions plutĂŽt que minimiser (« Ce nâest rien », « ArrĂȘte de faire des histoires »)
- Offrir des choix et des responsabilitĂ©s lorsque câest possible, pour renforcer leur autonomie
- Montrer lâexemple dans nos relations : respect des diffĂ©rences, communication non violente, partage des tĂąches
- Valoriser lâĂ©galitĂ© filles/garçons dans les jouets (ça peut ĂȘtre intĂ©ressant d’y rĂ©flĂ©chir avec l’approche des fĂȘtes !), les activitĂ©s, les responsabilitĂ©s et le langage
Ces repĂšres posent les bases dâadultes capables dâaimer sans dominer, dâĂ©couter sans se soumettre, de poser des limites sans sâimposer par la force.
đ± Voir lâenfant comme une personne Ă part entiĂšre
La Convention internationale des droits de lâenfant nous rappelle que chaque enfant a droit :
- au respect de son intégrité physique et émotionnelle
- Ă la protection contre toute forme de violence, mĂȘme Ă©ducative
- Ă exprimer son avis
- Ă ĂȘtre entendu
En reconnaissant ces droits dans notre quotidien, nous ne « cĂ©dons » pas : nous construisons un environnement oĂč nos enfants apprennent naturellement Ă reconnaĂźtre les limites des autres⊠et les leurs.
đĄLe 25 novembre : un rappel, pas seulement pour les adultes
Cette journĂ©e est lâoccasion de nous demander :
Quelles graines semons-nous aujourdâhui dans la maniĂšre dont nos enfants apprennent la relation Ă lâautre ?
Chaque geste Ă©ducatif respectueux est une pierre posĂ©e sur le chemin dâune sociĂ©tĂ© moins violente.
Chaque « Je tâĂ©coute », chaque « Tu as le droit de ne pas ĂȘtre dâaccord », chaque limite posĂ©e avec fermetĂ© et bienveillance devient un message puissant :
đ Les relations humaines ne doivent jamais ĂȘtre fondĂ©es sur la peur, le contrĂŽle ou lâhumiliation.
â€ïž Ensemble, faisons pousser le respect
Merci pour tout ce que vous faites, chaque jour, pour accompagner vos enfants dans la construction de leur relation au monde â une relation oĂč chacun.e compte, oĂč la parole a de la valeur, et oĂč la violence nâa pas sa place.
⩠Ensemble, avançons vers une parentalité plus consciente, plus confiante, plus libre et plus solidaire  !
Notre engagement militant nous anime
Notre engagement militant nous anime
đŁ Chez Gestes et Mots dâAmour, nous croyons profondĂ©ment que la parentalitĂ© est un acte social, politique et humain. Ainsi, notre travail ne sâarrĂȘte pas Ă la transmission dâoutils ou Ă lâanimation dâateliers. Ce travail sâinscrit dans un engagement militant pour une sociĂ©tĂ© plus juste, plus douce et plus protectrice pour les enfants et leurs parents.
đŻ Notre cĆur de mĂ©tier, câest la prĂ©vention des violences intrafamiliales et sexuelles, le soutien Ă la crĂ©ation du lien dâattachement. C’est Ă©galement lâaccompagnement des collectivitĂ©s dans leurs missions auprĂšs des familles. Au-delĂ des formations et accompagnements, nous Ćuvrons aussi pour changer les reprĂ©sentations, faire Ă©voluer les pratiques, donner de la voix Ă celles et ceux quâon nâentend pas assez.
â€ïž Parmi les causes qui nous tiennent le plus Ă cĆur, il y a MĂšres derriĂšre les murs. Il s’agit d’un projet que nous menons avec l’Association Eclore au sein de laquelle nous sommes membres actives. Ce projet s’engage auprĂšs des mĂšres incarcĂ©rĂ©es.
En effet, ĂȘtre mĂšre en dĂ©tention, câest souvent ĂȘtre doublement jugĂ©e : comme dĂ©tenue et comme mĂšre. Ces femmes sont pourtant des mamans Ă part entiĂšre, souvent issues de parcours de grande prĂ©caritĂ©, de violences ou de ruptures multiples. S’engager avec MĂšres derriĂšre les murs en animant des ateliers Ă la Maison d’Arret de Versailles, câest refuser dâeffacer leur maternitĂ©. C’est rappeler aussi que le lien parent-enfant est un droit fondamental, mĂȘme derriĂšre les barreaux. C’est pourquoi notre engagement est essentiel pour humaniser les conditions de dĂ©tention, permettre les liens affectifs et prĂ©parer la rĂ©insertion.
đ A contrario, nous rĂ©interrogeons ce lien parent-enfant lorsque nous formons des professionnels de terrain en lien avec l’ASE (Aide Sociale Ă l’Enfance). FrĂ©quemment, nous nous sentons impuissantes face Ă des situations familiales oĂč l’enfant se retrouve obligĂ© de rester en contact ou de vivre avec un parent « agresseur » qui ne souhaite pas se remettre en question et apprendre Ă faire autrement. Comment en sommes-nous arrivĂ©s lĂ en tant que sociĂ©tĂ© ? Comment se fait-il que les enfants soient si peu protĂ©gĂ©s en 2025 ? Pourquoi si peu de moyens sont mis dans la protection de l’Enfance ?
đ§ Il nous semble donc important de soutenir le Collectif Enfantiste, qui dĂ©fend une sociĂ©tĂ© oĂč les enfants sont considĂ©rĂ©s comme des sujets Ă part entiĂšre, dotĂ©s de droits, de besoins et dâune parole Ă Ă©couter. Un collectif essentiel pour faire reculer lâadultisme et encourager des politiques publiques plus respectueuses de lâenfance.
đ Notre engagement militant sâappuie aussi sur des voix puissantes et inspirantes :
- Marion Cuerq (Instagram : @marion_cuerq) qui vient bousculer nos normes et reprĂ©sentations de l’Enfant. Elle s’appuie sur une comparaison entre la culture de la punition en France vs la culture de la relation en SuĂšde. Son livre Une enfance en Nord est une pĂ©pite.
- Charline Vermont  @orgasme_et_moi : qui Ă©duque et libĂšre la parole sur la sexualitĂ©, le consentement et lâĂ©ducation positive sans tabou ni jugement. On vous recommande souvent ses livres : Corps, amour, sexualitĂ© : les 120 questions que vos enfants vont vous poser pour les enfants de 5 Ă 14 ans et leurs parents et Corps, amour sexualitĂ© : y’a pas d’Ăąge pour se poser des questions ! pour les adultes et les ados Ă partir de 15 ans.
- NoĂ©mie Fachan, alias @maedusa_gorgon, qui prend la parole sur les questions d’Ă©galitĂ© de genre, de sexisme et de violences faites aux femmes. Elle a publiĂ© plusieurs romans graphiques sur les injonctions Ă la maternitĂ©, lâĂ©ducation et la parentalitĂ© et des romans de réécriture de la mythologie grecque dans une perspective fĂ©ministe.
- CĂ©cile CĂ©e, @cecilcee, autrice et illustratrice engagĂ©e, qui met en lumiĂšre la culture de l’inceste en la rattachant Ă un systĂšme de domination. Son livre roman graphique Ce que CĂ©cile sait : Journal de sortie d’inceste est devenu une rĂ©fĂ©rence dans le domaine.
- Arnaud Gallais, @arnaud_gallais, survivant et se décrivant comme anthropo-activiste des Droits des Enfants, qui se bat sans relùche pour que la parole des enfants soit entendue.
- Lise Desportes @liliaimelenougat et sa Roue des privilĂšges, un outil pĂ©dagogique prĂ©cieux pour prendre en compte les diffĂ©rentes formes de discrimination vĂ©cues par une personne et encourager la rĂ©flexion collective. On comprend ainsi que ces discriminations ne sâadditionnent pasâŻ: elles sâentrecroisent et se renforcent.
- Louison @_aventreouvert_, qui milite pour la protection de l’enfance et traite des sujets de violences sexuelles, d’inceste et de maltraitance. Elle donne la parole aux victimes et aborde aussi les traumatismes et troubles dissociatifs sur un autre compte et un podcast.
- Et bien sûr, le collectif @NousToutes, qui continue de fédérer autour de la lutte contre toutes les formes de violences de genre. Nous vous invitons à vous inscrire à leurs formations gratuites ici.
đȘ Sâengager, pour nous, câest refuser de dĂ©tourner le regard.
S’engager, câest s’informer, Ă©couter, se remettre en question, se former, accompagner, soutenir.
Câest croire en la capacitĂ© de chaque parent, chaque professionnel·le, chaque citoyen·ne Ă devenir acteur·rice du changement.
đ Nous voulons remercier toutes celles et ceux qui, par leur prĂ©sence Ă nos ateliers, Ă leurs partages ou leurs engagements, participent Ă ce mouvement.
đ Ensemble, avançons vers une parentalitĂ© plus consciente, plus confiante, plus libre et plus solidaire  !
3 idées d'objectifs à tout moment de l'année
3 idĂ©es d’objectifs Ă tout moment de l’annĂ©e
Trois Objectifs
A tout moment, il peut ĂȘtre intĂ©ressant de rĂ©aliser un travail de rĂ©flexion et dâintrospection pour donner le ton de la suite de l’annĂ©e !
Autrement dit, il est temps de fixer des objectifs pour une durée à venir.
Et quoi de mieux que de partager explicitement ses objectifs chez Gestes et mots d’amour pour nous rendre responsables et ĂȘtre certaines que nous travaillons vraiment Ă lâaccomplissement de nos objectifs ?
Bien sĂ»r, il s’agit de faire des choix (et « choisir, c’est avancer »đ) et de formuler parfois des demandes.
Alors sans plus attendre, voilà la liste de nos 3 plus gros objectifs pour cette période :
đ¶ïž Premier objectif
Notre premier objectif est de continuer Ă prendre soin de nous.
En effet, les reculs de droits Ă travers le monde, la situation climatique, le rythme intense du quotidien, la demande d’adaptation constante… doivent nous inciter Ă nous mettre au premier plan chaque jour, et ce n’est pas toujours simple…
Par exemple, on peut dĂšs que l’on en ressent le besoin, prendre une douche, Ă©couter sa chanson prĂ©fĂ©rĂ©e, respirer dans le jardin ou encore marcher dans la rue pour profiter de la luminositĂ©, etc. vont nous permettre de recharger les batteries. Ăa vaut le coup !
đDeuxiĂšme objectif
Notre deuxiĂšme objectif est d’entretenir nos amitiĂ©s et nos espaces d’Ă©coute.
D’une part, la sensation de faire enfant-boulot-maison peut s’avĂ©rer pesante, d’autant plus en ce moment. Alors profitons dĂšs que nous le voulons et pouvons pour se retrouver en extĂ©rieur ou en intĂ©rieur afin de profiter les uns des autres !
D’autre part, nous avons Ă©galement conscience qu’il est vital de trouver du soutien lorsque l’on a des enfants. Ce proverbe africain « Il faut tout un village pour Ă©lever un enfant » nous Ă©claire sur le besoin de dĂ©velopper un rĂ©seau autour de nous pour ĂȘtre soutenu(e), trouver du relais ou tout simplement ĂȘtre Ă©coutĂ©(e). Et si je crĂ©ais mon « village » ? Comment puis-je l’enrichir ?
âĄïž une piste : profitez d’un coaching parental en groupe Ă petit prix !
đ TroisiĂšme objectif
Notre troisiĂšme objectif est d’apporter de la douceur et de la joie dans nos familles.
En effet, les parents que nous accompagnons nous partagent souvent cet objectif de lĂącher du lest, de se prendre moins la tĂȘte pour ne garder que l’essentiel, le plaisir d’ĂȘtre ensemble.
Pour y contribuer, instaurez une « douche chaude » !
Pour cela, crĂ©ez une ambiance douce et chaleureuse. L’un des membres de la famille s’assied, les yeux fermĂ©s, au centre d’un cercle que la famille forme autour de lui. Chacun notre tour, nous allons lui murmurer Ă l’oreille un message d’encouragement, une qualitĂ©, un merci, un mot doux…Lorsque tout le monde est venu dĂ©livrer son message positif, la personne peut, si elle en a envie, partager ce qu’elle ressent et exprimer sa gratitude. Qu’il est bon de se faire du bien et de se dire Ă quel point on s’aime !
đŻ Et toi alors ? Quel est ton principal objectif pour les semaines Ă venir ?
Envie dâaller plus loin ?
Nous proposons des accompagnements, du coaching et de la thérapie, en groupe ou en individuel, pour vous aider à prendre conscience, amorcer et intégrer des changements dans votre quotidien familial.
đ Ensemble, avançons vers une parentalitĂ© plus consciente et bienveillante !
A quoi je dis OUI quand je dis NON
đ ââïž Dire non câest sâaffirmer, certain.e.s diront que sâaffirmer câest exister.
đPour plusieurs d'entre nous, il est aisĂ© de dire NON. Dans ce cas, mettons-nous de la conscience sur cette pose de limite ? Le NON a t-il du sens, est-il posĂ©e par habitude ou dit dans la colĂšre ?
Pour dâautres, ce nâest pas le fait de dire NON qui est en soit difficile, mais plutĂŽt les pensĂ©es de crainte de ce que l'autre va penser de nous : va t-on faire de la peine, crĂ©er du conflit ou se sentir coupable ? Malheureusement, on s'empĂȘche alors dâĂȘtre authentique dans la relation.
đBeaucoup dâentre nous ont entendu enfant la phrase « quand je dis non, câest non ». Nombre dâentre nous avons vĂ©cu ces non avec une sentiment dâinjustice, cette impression dâĂȘtre moins important.e que lâautre . Cela a pu dĂ©clencher notre systĂšme de stress avec ses rĂ©actions automatiques (fuite, figement, attaque). Dit ainsi, il nây a effectivement pas de place pour lâautre dans la relation. Nous vous proposons donc dâen changer la structure, car le non est inhĂ©rent au vivre ensemble.
đVoici 3 clĂ©s pour sâentraĂźner Ă dire NON :
- Identifier quand ce n'est plus juste pour nous, en Ă©tant Ă lâĂ©coute de nos sensation physiques
- Comprendre Ă quoi je dis oui quand je dis non, de quoi ai-je besoin ? Exemple : est-ce que vous osez dire NON Ă un.e ami.e qui veut vous rendre visite un soir de semaine alors que vous prĂ©fĂšrez vous retrouver au calme avec vous-mĂȘme ?
- Comment j'exprime mon non ?
đQuand je formule un NON, je peux Ă©galement appliquer trois principes :
- rappeler les faits
- expliquer les conséquences que cela a pour moi
- et évoquer les émotions que cela me provoque
đEt en tant que parent, dire ce non implique nĂ©cessairement dâaccueillir la frustration de lâenfant. En effet, je ne peux pas mâattendre Ă ce que mon enfant, dont le cerveau est en cours de maturation, se dise systĂ©matiquement « ce nâest pas grave, câest bien que maman/papa pense Ă elle/lui », ou alors on ne vit pas dans le mĂȘme monde !!!
De la mĂȘme façon, mon enfant nâest pas en mesure dâidentifier les consĂ©quences de mon non, « si je laisse maman souffler quelques minutes, elle sera disponible pour faire un jeu dans 30 minutes ». Les vrais enfants ne rĂ©agissent pas ainsi en tout cas pas au dĂ©but et pas Ă chaque fois !
Identifier les OUI, cela sâapprend : une fois lâĂ©motion accueillie, nous pouvons partager avec nos enfants les opportunitĂ©s que le non nous a apportĂ©.
Faire le point entre les limites défensives et agressives
đUn collectif allemand dâenfants du nom de K.R.Ă.T.Z.Ă. propose une conception des rapports sociaux. On parle dâune limite dĂ©fensive lorsque la limite existe pour me protĂ©ger des empiĂštements des autres sur ma libertĂ© (« Cela me dĂ©range si tu Ă©coutes de la musique Ă 3 h du matin parce quâalors je ne peux pas dormir. »). A lâinverse on fixe des limites agressives Ă dâautres personnes pour les protĂ©ger « dâelles-mĂȘmes » ou pour leur prĂ©tendu bien (« Tu ne peux pas Ă©couter de musique bruyante parce que ce nâest pas bien pour toi !/cela va affecter ton audition ! »). En plus de cela, il existe des contraintes collectives qui nĂ©cessitent dâajuster nos limites pour le bon fonctionnement de la vie en groupe.
âĄïžLâĂ©ducation traditionnelle sâappuie sur les limites agressives tandis que le mode dâĂ©ducation vers lequel nous vous accompagnons sâappuie avant tout sur les limites dĂ©fensives.
đLa vie de famille est un merveilleux espace de vivre ensemble pour expĂ©rimenter lâimportance de la notion de limite dĂ©fensive plutĂŽt quâagressive. De cette façon, lâenfant apprendra progressivement Ă faire respecter ses propres limites et Ă sâaffirmer, tout en prenant en considĂ©ration celles des autres.
đŻLorsque ce sera le bon moment pour vous, nous vous proposons donc dâĂȘtre dans la conscience de vos propres limites et dâĂȘtre attentif/ve Ă comment vous les faites respecter : vous verrez, ça change la donne dans la relation aux enfants !
LĂącher-prise pour laisser-ĂȘtre
âïž L'Ă©tĂ© s'approche Ă grands pas et qui dit Ă©tĂ© dit : changement de rythme avec les enfants scolarisĂ©s !
Un changement de rythme que certain.e.s attendent avec impatience : il y a parfois une diminution des contraintes, plus de temps passé ensemble, du temps pour se retrouver soi ou en couple si les enfants sont gardés sur certaines périodes...
Un changement de rythme redouté pour d'autres : temps H24 ensemble, augmentation de la logistique quotidienne avec des activités à prévoir, contraintes familiales accrues ou élargies, départ en vacances à organiser...
Un changement de rythme qu'il est intéressant, quelle que soit la situation, de coupler avec le LACHER-PRISE...que l'on pourrait transformer en LAISSER-ETRE.
Evidemment le lĂącher-prise n'a rien de magique, l'idĂ©e Ă©tant de s'en servir comme outil pour une meilleure cohabitation avec nous-mĂȘme.
đ Selon Rosette Poletti et Barbara Dobbs, le lĂącher-prise "C'est accepter de s'ouvrir Ă ce qui vient, de changer son regard, de modifier son interprĂ©tation, c'est aussi parfois faire le deuil de quelque chose Ă quoi on tenait, c'est encore pardonner et mettre son attention sur ce qui est ici et maintenant".*
En tant que parents, gardons en tĂȘte que notre rĂŽle essentiel n'est pas de FAIRE, de trouver des rĂ©ponses et des solutions Ă tout. Notre rĂŽle est dâĂTRE le porte-avion de l'enfant (d'oĂč le LAISSER-ETRE), un lieu ressource oĂč il est entendu, accueilli et accompagnĂ© dans ses Ă©motions. Voici 8 pistes pour lĂącher-prise :
1ïžâŁ Laisser faire l'enfant lorsqu'il en est capable, c'est Ă dire ne pas rĂ©pondre Ă une question Ă sa place, ne pas l'habiller pour aller plus vite (sauf exception), laisser un ado faire ses premiĂšres sorties sans surveillance... D'aprĂšs Haim Ginott : â On les aide davantage en ne les aidant pas."
2ïžâŁ Laisser l'espace Ă l'enfant de rĂ©pondre lui-mĂȘme Ă ses questionnements : "A ton avis ?" "Qu'en penses-tu ?"
3ïžâŁ Encourager et rappeler les rĂ©ussites passĂ©es : "Je me souviens de la fois oĂč tu as..."
4ïžâŁ DĂ©velopper, entraĂźner et soutenir son intelligence Ă©motionnelle. Rappelez-vous, les Ă©motions sont votre boussole interne !
5ïžâŁÂ Impliquer les enfants dans les tĂąches du quotidien : cela dĂ©veloppe le sentiment dâappartenance, enseigne des compĂ©tences de vie utiles et permet aux enfants de faire lâexpĂ©rience de la responsabilitĂ© sociale.
6ïžâŁ Accepter l'ennui : vous n'avez pas Ă occuper vos enfants tout le temps, Ă remplir le planning. Cela peut dĂ©boussoler certains mais cela dĂ©veloppe chez l'enfant la prise d'initiative, l'imagination et tant d'autres choses encore !
7ïžâŁ LĂącher vos attentes : les injonctions de perfection auxquelles nous sommes rĂ©guliĂšrement soumis nuisent Ă notre capacitĂ© Ă profiter du prĂ©sent.
8ïžâŁ RĂ©guler son stress et se relaxer : offrez-vous un atelier de parents ou un coaching pour vous approprier des outils et vous entraĂźner !
*LĂącher-prise, Dire oui Ă la vie, Rosette Poletti et Barbara Dobbs
8 mars : ne ratez pas cette occasion de réinterroger vos relations
Le 8 mars, c'est la Journée internationale des droits de la femme avec comme leitmotiv l'égalité homme-femme. Nous avons envie de porter un autre regard sur le sujet en l'abordant sur le thÚme de l'équité.
Commençons par sa dĂ©finition : l'Ă©quitĂ© est synonyme de justice, c'est-Ă -dire que chaque personne, quelle que soit son identitĂ©, devrait ĂȘtre traitĂ©e de maniĂšre juste.
Effectivement, pourquoi parler d'Ă©galitĂ© quand notre identitĂ©-mĂȘme est construite sur la notion de diffĂ©rence ? L'idĂ©e n'est pas de rentrer dans un systĂšme binaire qui mettrait l'homme et la femme en compĂ©tition. Il est Ă©galement important de prendre en compte toute une partie de la population qui ne se reconnait pas dans l'identitĂ© de l'un ou de l'autre ou qui se reconnait dans les deux genres.
La question qui nous semble intéressante à soulever est celle-ci :
Dans une relation, prenons-nous réguliÚrement un temps pour évaluer les besoins de chacun ?
Prenons-nous ensuite le temps d'apporter une réponse qui convienne à chaque individu ?
Par exemple, dans les relations amoureuses, certains s'épanouiront dans un schéma plus classique, d'autres chercheront des modÚles plus alternatifs. Et c'est Ok, il n'y a pas de hiérarchisation à effectuer car il n'y a pas de "bon" modÚle !
Ce qui nous semble essentiel, c'est le fait de s'autoriser Ă rebattre les cartes et Ă rĂ©interroger les schĂ©mas relationnels dans lesquels nous Ă©voluons... Ce qui veut dire mettre au cĆur du systĂšme : la communication, l'Ă©coute active et l'affirmation de soi. Et c'est lĂ que le bĂąt blesse...
Mettons-nous un instant du cÎté des femmes et interrogeons briÚvement un certains nombre de points en lien avec la parentalité (notre sujet de prédilection) :
On va essayer d'aller vite, pour ne pas vous perdre en route đ Bien d'autres questions peuvent Ă©merger Ă chaque thĂ©matique.
!!!! Nous avons conscience que nos propos ci-dessous sont généralistes et ne prennent pas en compte les particularités de chaque famille. Nous nous sommes également basées sur une famille avec un couple hétérosexuel.
đDĂ©sir ou non d'enfant : Comment faisons nous ce choix? Pouvons-nous dire/affirmer notre dĂ©sir profond ?
đ L'IVG : Une Française sur trois (33 %) a recours une fois ou plus Ă l'IVG dans sa vie (Institut national d'Ă©tudes dĂ©mographiques (Ined)-2015). Cette dĂ©cision irrĂ©versible nous la portons dans notre corps pour toute la vie. Ce vĂ©cu corporel peut se rĂ©veiller Ă tout instant alors qu'il peut ĂȘtre si vite oubliĂ© par l'homme qui ne l'a pas vĂ©cu dans ses entrailles. En faisons-nous un choix (quel qu'il soit) Ă©clairĂ© ? Sommes-nous jugĂ©es sur notre choix? Nous sentons-nous soutenues ?
đ La contraception : Est ce forcĂ©ment un choix qui doit ĂȘtre portĂ© par la femme qui n'est fĂ©conde que quelques jours par mois tandis que l'homme l'est Ă chaque rapport? Qu'est-ce qui sous-tend nos choix? Connaissons-nous suffisamment le fonctionnement de nos corps respectifs ?
đ L'allaitement : nous entendons encore trop souvent la demande de l'homme de "rĂ©cupĂ©rer" le corps de sa conjointe pour lui tout seul... Cela met en exergue une notion de possession/propriĂ©tĂ© du corps de la femme et la sexualisation de la poitrine, deux idĂ©es issues du patriarcat...
đ Le cododo : il peut mettre en lumiĂšre la notion de sacralisation du l'espace conjugal et donc de la "chambre conjugale", plus que parentale. Il est toujours intĂ©ressant d'ouvrir notre regard et de constater que 91% de la population mondiale pratique le sommeil partagĂ© jusqu'Ă ce que l'enfant demande Ă changer d'espace de sommeil. Et pourtant ces 91% d'humains ne se privent pas de vie sexuelle pour autant (et heureusement), ils sont simplement crĂ©atifs !
đLe congĂ© parental : Trop d'enjeux Ă©conomiques, politiques, sociĂ©taux ne permettent pas aux femmes (et aux hommes!) de faire un choix conscient et en adĂ©quation avec leurs envies. Si les femmes Ă©taient vraiment soutenues, considĂ©rĂ©s et reconnues, elles n'attendraient peut ĂȘtre pas avec hĂąte de reprendre le travail, souvent le seul moyen pour retrouver du soutien, de la considĂ©ration et de la reconnaissance. D'autres au contraire attendent ce moment avec inquiĂ©tude et retournent au travail parce qu'elles n'ont pas/plus le choix.
đ L'argent : Qui paie quoi? Il est intĂ©ressant de constater que les femmes effectuent plus souvent les dĂ©penses qui relĂšvent du quotidien, du pĂ©rissable (nourriture, vĂȘtements, santĂ©, frais de garde/cantine des enfants). Les hommes vont davantage se placer sur les gros postes de dĂ©pense, valorisĂ©s par la sociĂ©tĂ©â: achat foncier, impĂŽts, vacances, voiture⊠Et en cas de sĂ©paration selon lâInsee, les femmes perdent en moyenne 20â% de leur niveau de vie, contre 3â% pour les hommes.
Récemment en PEPS Café nous abordions cette question, le temps que passe la femme à penser les achats, trouver le juste prix pour un manteau, anticiper les besoins à venir pendant les soldes...toutes ces choses qui bénéficient largement aux deux partenaires mais qui ne sont jamais valorisées. D'ailleurs, l'homme n'en a pas conscience dans la grande majorité des cas !!
đ Les tĂąches familiales : Une Ă©tude de Delphine Roy montre que, lorsquâune femme se met en couple, elle accomplit en moyenne 7 heures de tĂąches domestiques en plus par semaine, tandis quâun homme en enlĂšve 2. Quand il y a un enfant, elle en prend 5 de plus, contre une seule pour lui.
Sans vouloir faire du fĂ©minisme Ă tout va, il y a quand mĂȘme un gros problĂšme non ? D'autant que cette rĂ©partition des tĂąches soutient largement l'Ă©panouissement professionnel des hommes et que rien ne valorise l'investissement de la femme dans son foyer.
đLa sexualitĂ© : combien de femmes s'assurent d'ĂȘtre disponible suffisamment rĂ©guliĂšrement pour leur conjoint afin de s'assurer de son bien-ĂȘtre (sinon il est de mauvais poil et toute la famille risque de trinquer) ? Ăa peut faire sourire mais la rĂ©alitĂ© c'est que beaucoup de femmes le reconnaissent et vivent sans en avoir parfois conscience... Alors que lĂ aussi, on peut se satisfaire seul si l'autre n'est pas disponible et on peut rĂ©interroger les codes de sa sexualitĂ©. D'ailleurs, cela pourrait lancer le sujet de la masturbation masculine et fĂ©minine... Bref, ce sera pour une autre fois !
DerriĂšre tout ça, nous avons le sentiment que parfois les besoins de l'homme seraient en concurrence avec les besoins de l'enfant. Pourrions-nous enfin remettre les choses dans leur contexte et considĂ©rer que la dĂ©finition de l'adulte est avant tout un individu capable de rĂ©pondre Ă ses besoins par lui-mĂȘme ou tout du moins de crĂ©er par lui-mĂȘme les stratĂ©gies lui permettant de les combler sans les faire porter par les autres qui l'entourent ? Revenons-en aussi Ă la dĂ©finition de l'autonomie qui est la facultĂ© d'agir librement dans le respect des limites de l'autre au sens large. La question pourrait aussi ĂȘtre aussi : quel modĂšle voulons nous transmettre Ă nos enfants ?
Nous n'allons bien sĂ»r pas vous laisser avec ce simple constat. Chez Ăclore, de nombreux professionnel.le.s accompagnent les familles, les femmes et les hommes. Qu'est-ce qui est spĂ©cifique chez Eclore, association dont nous sommes membres actives ?
Tout simplement, nous nous sommes engagĂ©.e.s sur une charte Ă©thique qui garantit un accueil sans condition, une Ă©coute bienveillante et l'absence de conseils non sollicitĂ©s. Nous Ćuvrons aussi Ă faire bouger les choses auprĂšs des institutions. Nos accompagnements visent Ă vous redonner du pouvoir : vous savez ce qui est bon pour vous, nous sommes lĂ pour vous offrir un espace de paroles, vous soutenir, valoriser vos compĂ©tences, encourager vos prises de dĂ©cisions conscientes, vous proposez des espaces de groupe et vous permettre de prendre soin de vous.
Venez découvrir l'assocation Eclore et ses professionnel.le.s : ici.
Astuces pour bien commencer l'année
L'année 2023 pointe le bout de son nez et nous sommes heureuses de te souhaiter tous nos voeux, surtout ceux qui viendront te combler !
Afin de cheminer lĂ oĂč tu le souhaites en tant que parent, nous avons envie de te partager quelques propositions :
âšQuel moment fort de l'annĂ©e qui vient de s'Ă©couler ai-je envie de choisir avec chaque membre de ma famille ?
đȘ De quoi suis-je fiĂšr.e en tant que parent sur l'annĂ©e passĂ©e ?
đ€©Â En 2023, qu'est-ce que j'aimerais avoir vĂ©cu, accompli, changĂ© pour me dire "Ăa a Ă©tĂ© une bonne annĂ©e" ?
đĄQuelles sont les choses que je pourrais faire dĂšs aujourd'hui pour aller dans ce sens, pour me rapprocher du parent que j'ai envie de devenir ?
Si tu souhaites que nous t'accompagnons sur le chemin de ta parentalitĂ©, nous sommes bien sĂ»r disponibles pour en discuter en cliquant tout en haut sur "Nous contacter" đ
Le complexe d'Oedipe existe t-il ?
Nous entendons rĂ©guliĂšrements en confĂ©rence, en podcast, dans les mĂ©dias, etc. des professionnel.le.s s'appuyer sur les thĂ©ories freudiennes et de parler des enfants comme des "ĂȘtres de pulsion", qui "cherchent les limites" et qui ont besoin d'ĂȘtre punis (?!!).
Il est intéressant de mettre en lumiÚre qu'il s'agit d'une spécificité bien française que de continuer à s'appuyer sur la théorie des pulsions, imaginée par Freud à la fin du XIXe siÚcle, pour percevoir les enfants.
Cette perception freudienne est malheureusement trÚs négative (enfant capricieux, manipulateur, comédien, sadique...) et est encore bien ancrée à l'heure actuelle. Pire, ces théories se retrouvent encore au coeur des formations de nombreux professionnel.les. et sont enseignées comme des théories scientifiques.
Nous comprenons donc que cela limite le dĂ©veloppement d'une Ă©ducation non violente. D'ailleurs, les autoritaires prĂ©sentent les choses comme sâil sâagissait dâun dĂ©bat dâidĂ©es, mais en rĂ©alitĂ©, ils se dĂ©fendent contre leurs Ă©motions enfouies, leur propre histoire, leur honte, leur dĂ©tresse dâenfantâŠ
Pour aller plus loin et dĂ©couvrir l'impact du complexe dâĆdipe sur l'Ă©ducation, lisez cet article trĂšs intĂ©ressant : "Punir au nom d'Oedipe".
RĂ©sumĂ© : En vulgarisant le complexe dâĆdipe, la psychanalyse a contribuĂ© Ă justifier la violence Ă©ducative exercĂ©e sur lâenfant et Ă le priver notamment dâune relation nourrissante avec sa mĂšre. Il appartient Ă chaque parent de renverser ce processus en accueillant son histoire au lieu de la projeter sur sa progĂ©niture..
Le pouvoir des routines et des rituels...pour nous parents !
On connaßt l'importance des rituels et des routines pour les bébés et les enfants qui servent à jalonner son quotidien et à prévenir tout inattendu.
Pourtant, nous rencontrons fréquemment des parents en coaching parental qui se retrouvent dans une course effrenée le matin et lors du tunnel du soir. Une course qui s'accompagne de stress, de cris, parfois de violence et qui laisse à chaque membre de la famille un goût amer et vient à vider le réservoir affectif de chacun.
Et c'est lĂ oĂč nous sous-estimons le pouvoir des rituels pour nous aussi parent.
Bien sûr, vous avez déjà des rituels mis en place, vous vous habillez, vous vous brossez les dents, vous allez au travail...certaines d'actions sont déjà en pilotage automatique. C'est confortable pour le cerveau qui est libéré de la prise de décision. Mais est-ce que cela vous convient ??
Votre responsabilité, c'est d'évaluer les actions, de les choisir et de les faire fonctionner pour vous.
Utilisez les rituels au service de votre vie !
Les rituels ici sont un "ensemble d'actions qu'on se propose d'entreprendre tous les matins ou tous les soirs de façon réguliÚre et stable dans le temps, et qui porte une intention ou poursuit un objectif particulier."*
Nous allons ici nous concentrer sur vous et prĂȘter attention aux dĂ©roulĂ©s du matin et du soir, deux moments qui ont un rĂ©el impact sur comment vous vous sentez et donc sur vos rĂ©actions (notamment avec vos enfants).
Pour chacun de ces deux moments, posez-vous ces questions pour vous aider Ă crĂ©er votre rituel, prenant en compte Ă la fois vos enfants et vous-mĂȘme :
De quoi ai-je envie et besoin pour bien commencer/terminer ma journée ?
Qu'est ce qui m'amĂšne vers la personne/le parent que j'ai envie de devenir ?
Voici des pistes vous concernant (en plus de la partie petit-déjeuner, habillage des enfants, etc) pour prendre soin de vous lors du rituel du matin :
- faire en premier ce qui vous tient Ă coeur et que vous avez du mal Ă faire le reste de la journĂ©e : mouvements (yoga, Ă©tirements...), apprentissage (lecture...), connexion avec des personnes de la famille,âŠ
- se connecter à soi et réfléchir à la maniÚre d'aborder au mieux sa journée (intentions, écriture, planification...).
Bien sûr, on peut tout à fait morceler ces tùches :
- avant le réveil des autres membres de la famille
- sur le temps de trajet
- en arrivant au travail
- en revenant à la maison aprÚs la dépose à l'école/la crÚche...
C'est votre priorité de prendre ce temps pour vous, pour recharger ainsi votre réservoir émotionnel.
A présent, listez toutes les tùches que vous souhaitez mettre en place le matin (ex : méditation, lecture, débarrassage lave-vaisselle, douche, petit-déjeuner...) et évaluez le temps qu'elles vous prennent.
Maintenant, déterminez l'horaire auquel vous souhaitez partir le matin (pour le travail, l'école, la crÚche...). Faites un déroulé à l'envers de vos rituels en prenant en compte leur durée afin de vous rendre compte de l'horaire supposé de votre réveil.
Si ce n'est pas faisable, pouvez-vous déléguer (conjoint et enfants), supprimer, reporter à un autre moment ? Nous vous encourageons à faire participer tous les membres de votre famille, bien sûr en fonction de leurs possibilités.
AprÚs avoir trouvé le déroulé qui vous convient, nous vous proposons d'utiliser des alarmes. Exemple : una alarme sonne 10 minutes avant l'heure de partir, indiquant à tout le monde que c'est le moment de mettre ses chaussures, son manteau, etc.
N'oubliez-pas ce n'est pas une course à la performance mais un déroulé vous permettant de prendre du temps pour vous en jonglant avec vos multiples casquettes (dont celle de parent).
De la mĂȘme façon pour le soir, les objectifs peuvent ĂȘtre de :
- décompresser (attention aux écrans qui nous coupent de nos pensées et qui mettent juste de cÎté les éléments de stress)
- se reconnecter Ă soi (Ă©tirements, boisson chaude repas qui vous fait du bien, automassage, douche chaude, vĂȘtements agrĂ©ables,...)
- se mettre en condition pour le repos et le sommeil (ex : pas de téléphone dans la chambre)
Reprenez tout le processus de la mĂȘme façon que le matin.
Vous pouvez tout Ă fait faire Ă©voluer vos rituels en fonction de votre Ă©nergie et de vos envies. Par exemple, vous avez peut ĂȘtre besoin de plus dormir pendant l'automne et l'hiver, Ă certains moment de votre cycle menstruel. Pour cela prenez un moment pour identifier vos besoins en lien avec l'instant.
L'idée étant d'utiliser le pilotage automatique du cerveau pour éviter la prise de décision, pilotage automatique qui s'active quand les rituels sont ancrés.
Du cÎté des enfants, les rituels viennent faire autorité (c'est l'alarme qui donne le signal de se préparer et non vous), ce qui est libérateur pour vous.
A vous de jouer pour cheminer vers plus de sérénité !
* Source : Podcast Change ma vie, épidode 242 "Rituel du matin, rituel du soir"
Pourquoi les hommes se posent tranquillement dans le canapé sans culpabilité ?
Nous avons conscience que nos propos ci-dessous sont généralistes et ne prennent pas en compte les particularités de chaque famille. Nous nous sommes également basées sur une famille avec un couple hétérosexuel, car il est statistiquement montré que la répartition des tùches était meilleure chez les couples homosexuels.
Attention !
Nous constatons que beaucoup de parents (surtout des mamans) que nous accompagnons en coaching parental ou en ateliers, ressentent une vraie charge mentale et tombent pour certain.e.s dans un épuisement parental. Nous avons donc envie d'échanger avec toi sur ce sujet, afin de te partager des pistes pour l'éviter et/ou en sortir.
Attention, nous parlons ici de phases d'épuisement fugaces, récurrentes ou prolongées et non d'une dépression ou d'un burn-out parental. Pour info, le burn-out parental se caractérise notamment par :
- un Ă©puisement continu que lâon ne va pas rĂ©ussir Ă surmonter, tout demande un effort immense
- une distanciation avec les enfants avec des difficultés à ressentir de la tendresse et les tùches du quotidien qui sont accomplies en pilote automatique
-le parent doute de ses capacitĂ©s et en vient Ă faire des choses quâil souhaitait Ă©viter. Souvent, les choses empirent et câest le cercle vicieux.
Il est donc trĂšs important de pouvoir se faire accompagner afin dâen sortir et les pistes proposĂ©es ici ne sont pas adaptĂ©es dans ce cas.
Voici 3 signes qui montrent que tu pourrais ĂȘtre victime de cette charge mentale.
1 - Tu demandes de "l'aide" aux autres personnes de la maison.
En demandant de l'aide, tu envoies inconsciemment le message que les tĂąches te reviennent de base. Nous t'invitons donc Ă demander une "participation", puisque chacun vit sous ce toit.
2 - Tu culpabilises lorsque tu "essaies" de prendre du temps pour toi.
Lorsque tu te poses dans ton canapĂ©, tu as peut-ĂȘtre la to-do list qui te revient rapidement Ă l'esprit ? Tu te dis que tu pourras prendre un moment pour toi lorsque tout sera cochĂ© ?
3 - Lorsque tu dois t'absenter, tu prépares beaucoup ou tout en amont afin de faciliter la vie du parent qui reste. Et la réciproque n'est pas vraie.
Alors, es-tu victime de cette charge mentale ?
Si tu l'es, ne t'inquiĂšte pas. Il est encore temps de reprendre les choses en main !
Une premiĂšre piste, c'est de faire une liste des choses Ă rĂ©aliser et de la partager. Ainsi, chaque membre de la famille et notamment le conjoint, pourra se rendre dĂ©jĂ compte de TOUT ce qu'il y a Ă penser (qui a un conjoint qui s'occupe des vĂȘtements lors des changements de taille et qui a conscience de cette tĂąche ?).
Autre piste, nous t'invitons à communiquer tes besoins, car l'autre ne lit pas dans les pensées. La Communication Non Violente ou la méthode de résolution de problÚmes (que nous abordons dans les ateliers Faber et Mazlish) sont ainsi des propositions intéressantes à explorer.
Alors qu'est ce qui fait, selon toi, que les hommes se posent tranquillement dans le canapé sans culpabilité ?
Pendant des siĂšcles les femmes Ă©taient en charge de la maison et il y a moins d'un siĂšcle que les pĂšres commencent Ă s'investir plus en son sein. Il y a donc tout une dĂ©construction et un apprentissage pour les hommes de façon gĂ©nĂ©rale. Les femmes se sont d'ailleurs intĂ©grĂ©es dans un monde du travail pensĂ© et créé par des hommes pour des hommes. MĂȘme s'il y a des Ă©volutions, on demande globalement aux parents de travailler comme s'ils n'avaient pas d'enfant et comme si les femmes Ă©taient encore uniquement au foyer. Et on est bien d'accord qu'ĂȘtre au foyer, c'est dĂ©jĂ Ă la base un travail considĂ©rable, qui n'est Ă l'heure actuelle non rĂ©munĂ©rĂ© (ou trĂšs peu lors du congĂ© parental), ce qui participe Ă sa non-reconnaissance aux yeux de la sociĂ©tĂ©.
Ensuite, comment se rendre compte de cette charge mentale quand l'un des deux ne la vit pas et qu'il retourne travailler au bout d'un mois (si le congé paternité est pris) ?
De plus, notre culture et notre sociĂ©tĂ© nous ont beaucoup demandĂ©, et encore plus chez les femmes, de prendre soin des autres sans jamais nous enseigner, comment d'abord prendre soin de nous. Cela a pu ĂȘtre vĂ©hiculĂ© comme de l'Ă©goĂŻsme, alors que nous avons tous besoin de prendre soin de nous avant de pouvoir prendre soin des autres.
Enfin, derniĂšre proposition, lorsque ton conjoint est OK pour participer Ă une tĂąche de la maison, il y a tout intĂ©rĂȘt Ă le laisser expĂ©rimenter et Ă le laisser faire les choses Ă sa façon ! Comme n'importe quel ĂȘtre-humain, c'est l'entraĂźnement qui va lui permettre de s'amĂ©liorer et de faire ensuite les choses de façon fluide. C'est un regard bienveillant qui va lui permettre de prendre sa place (que celles qui ont dĂ©jĂ entendu le "ça ne va jamais ce que je fais, donc tu n'as qu'Ă continuer Ă le faire toi-mĂȘme" lĂšve la main ;-) ).
"Apprendre Ă dĂ©lĂ©guer, câest apprendre Ă laisser lâautre penser et faire du dĂ©but jusquâĂ la fin. Parce que non, dire « est-ce que tu pourras faire ceci, est-ce que tu pourras faire cela⊠» nâest pas dĂ©lĂ©guer, et la charge mentale pĂšse toujours autant."
Bien sûr, tout cela est plus facile à dire qu'à faire, mais c'est POSSIBLE.
Et si tu souhaites que nous t'accompagnons sur ce chemin, contacte-nous : https://gestesetmotsdamour.fr/formulaire-inscription/









