La parole de l'enfant : comment la valoriser ?

La parole de l’enfant :

comment la valoriser ?

La parole de l’enfant en France

Voici un sujet fondamental dans l’éducation et le développement de nos enfants : la place et la prise en compte de leur parole. En France, comme dans de nombreux autres pays, cette question est encadrée par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989.

 

L’importance de la parole de l’enfant

La parole de l’enfant est essentielle pour plusieurs raisons. En effet, elle permet non seulement de comprendre leurs besoins, leurs émotions et leurs points de vue, mais elle contribue également à leur développement cognitif et émotionnel. En écoutant nos enfants sans jugement, nous leur offrons un espace pour s’exprimer librement, développer leur confiance en eux et nous participons ainsi activement à leur épanouissement.

 

La Convention Internationale des Droits de l’Enfant

La CIDE constitue le socle juridique de la reconnaissance des droits des enfants. Parmi ses articles, plusieurs insistent sur la nécessité de considérer la parole de l’enfant :

  • Article 12 : Le droit d’être entendu

Cet article stipule que les États doivent garantir à l’enfant capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant. Cette opinion doit être dûment prise en compte en fonction de l’âge et du degré de maturité de l’enfant.

 

  • Article 13 : Liberté d’expression

L’enfant a le droit de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toutes sortes, sans considération de frontières.

  • Article 14 : Liberté de pensée, de conscience et de religion.

Ce droit inclut le respect des opinions de l’enfant et son droit de les exprimer.

 

La situation en France

En France, de nombreuses initiatives visent à renforcer la prise en compte de la parole de l’enfant. Malgré tout, de nombreux défis subsistent. Par exemple, dans le cadre scolaire, la situation peut être très hétérogène sur la présence ou non de représentants des élèves, ainsi que sur la prise en compte réelle ou non de leurs paroles. De la même façon, seules certaines communes proposent un conseil municipal des jeunes, qui restent cependant à distance de l’espace des adultes. Il y a donc tout intérêt à accorder une place importante à la parole des plus jeunes au sein des familles.

 

Conseils pratiques pour valoriser la parole de l’enfant

  • Créer un environnement sécurisant :

Les enfants doivent se sentir en sécurité pour exprimer leurs pensées sans crainte de jugement ou de réprimande.

  • Être attentif et présent :

Accordez du temps à vos enfants, écoutez-les activement, posez des questions et montrez que leur avis compte.

  • Encourager la participation :

Invitez vos enfants à participer aux décisions familiales appropriées à leur âge. Cela peut aller du choix des activités de loisirs aux discussions sur les règles de la maison ou le choix des menus.

  • Valoriser leurs opinions :

Reconnaissez et valorisez les contributions de vos enfants. Cela renforce leur estime de soi et les incite à s’exprimer davantage.

  • Éduquer aux droits de l’enfant :

Enseignez à vos enfants leurs droits, y compris leur droit d’expression. Cela les responsabilise et les sensibilise à l’importance du respect mutuel. Accompagner le développement de leur sens critique concernant leur environnement. « Et toi dans cette situation, qu’est ce que tu aurais fait ? » Retrouvez sur notre blog les ressources bibliographiques et pédagogiques pour parler aux enfants de leurs droits.

  • Saisir les opportunités :

En ce début du mois de juin, nous allons voter pour les élections européennes, c’est à dire exprimer notre opinion sur les représentants français que nous aimerions voir siéger au Parlement européen. En France, selon certaines études, environ 60 à 70 % des personnes ont des orientations politiques proches de celles de leurs parents : l’héritage politique familial est un fait. Dans le même temps, il est passionnant d’écouter la parole de nos enfants à propos du monde de demain : ce qui est important pour eux, ce qui les questionne, les gênent tout en accueillant des opinions qui peuvent être différentes des nôtres. La famille peut être ainsi le premier lieu de débats et les enfants nous offrent l’opportunité de porter un autre regard sur le monde.

En tant que parents et éducateurs, nous avons donc un rôle crucial pour aider les enfants à trouver leur voix et à se sentir entendus. En appliquant ces conseils pratiques, nous contribuons aux valeurs de la CIDE et au développement harmonieux de nos enfants.

Et parce que nous savons que ce n’est pas évident, nous vous accompagnons en ateliers de groupe et en coaching !

Restons engagés pour un monde où chaque enfant est écouté et respecté !

 

Pour aller plus loin, voici quelques ressources en lien avec la parole de l’enfant :

Livres pour enfants

« Moi aussi, j’ai des droits » – Soline Bourdeverre-Veyssiere et Julie Zeitline

  • Un album pour éveiller les enfants à la conscience de leurs droits, composé dans une police adaptée aux enfants dyslexiques. Il contient un jeu « Cherche & Trouve » et un carnet d’adresses/sitographie utiles.

« J’ai le droit d’être un enfant ! » de Alain Serres et Aurélia Fronty

  • Ce livre, destiné aux enfants de 6 à 10 ans, présente les droits de l’enfant de manière poétique et visuelle. Chaque droit est illustré avec des dessins colorés et accompagné d’explications claires.

« J’ai le droit » de Alain Chiche

  • Ce livre présente les droits des enfants avec des mots simples et des dessins attendrissants. Il s’inspire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Ce livre aborde et enchaîne des sujets variés et complémentaires : la violence, l’écologie, le respect des différences, la citoyenneté, etc. Idéal pour lancer le débat,

« Les droits de l’enfant », Cahier Filliozat, dès 5 ans

  • Les droits de l’enfant sont partout : à l’école, dans la rue, à l’hôpital, dans les livres, à la maison… Mais à quoi servent ces droits ? Des activités et des outils pour les connaître, pour comprendre leur évolution au fil des siècles et des régions du monde.

« Déclaration universelle des droits de l’enfant illustrée » de Gérard Guerlais

  • Grâce à cet ouvrage, petits et grands pourront se familiariser avec un texte trop méconnu, reproduit dans une version adaptée aux enfants à partir de 10 ans, magnifiquement illustrée par 30 artistes contemporains.

En utilisant ces ressources, les enfants peuvent non seulement apprendre leurs droits, mais aussi comprendre l’importance de les respecter et de les défendre pour eux-mêmes et pour les autres.

Ressources en ligne

Le site du Défenseur des droits – Educadroit

Unicef – La page « La voix des jeunes »

Le site « Les droits en schémas »

  • Ce site présente les droits de l’enfant sous forme de schémas simples et colorés. Il est conçu pour être facilement compréhensible par les enfants et est accompagné d’explications claires.
  • Les droits en schémas

Ressources vidéos

« C’est quoi les droits de l’enfant ? » de Jacques Azam

Ressources pédagogiques pour les enseignants et les parents

« Guide pédagogique sur les droits de l’enfant » de l’AOMF

  • Ce guide offre des ressources et des activités pour enseigner les droits de l’enfant aux élèves de l’école primaire. Il comprend des plans de leçon, des exercices et des jeux éducatifs.
  • Guide pédagogique de l’AOMF


Prévenir le harcèlement scolaire : comment outiller nos enfants

Prévenir le harcèlement scolaire :

comment outiller nos enfants?

Qu’est ce que le harcèlement scolaire ?

Selon le site du ServicePublic.fr : “Un élève est victime de harcèlement scolaire lorsqu’il subit, de manière répétée, des violences verbales, morales ou physiques de la part d’un ou plusieurs autres élèves. […] Le harcèlement scolaire peut être commis à l’intérieur ou en dehors de l’établissement scolaire.”

 

Les 3 caractéristiques du harcèlement en milieu scolaire :

  • La violence : c’est un rapport de force et de domination entre un ou plusieurs élèves et une ou plusieurs victimes.
  • La répétitivité : il s’agit d’agressions qui se répètent régulièrement durant une longue période.
  • L’isolement de la victime : la victime est souvent isolée et dans l’incapacité de se défendre.

Les principaux mécanismes du harcèlement scolaire (mais pas que!)

Le harcèlement peut prendre de nombreuses formes et utilise différents mécanismes. Voici quelques-uns des principaux mécanismes du harcèlement :

1 – Intimidation physique :

    • Cela peut inclure des agressions physiques, des menaces de violence, des blocages ou des actes de coercition qui visent à faire peur ou à nuire à la victime.

2- Harcèlement verbal :

    • Cela comprend les insultes, les moqueries, les injures, les propos dégradants ou humiliants, et toute autre forme de communication verbale qui vise à blesser ou à diminuer l’estime de soi de la victime.

3 – Harcèlement social ou relationnel :

    • Cela implique des actions visant à isoler la victime du groupe, comme l’exclusion, les rumeurs, la diffamation, le rejet ou l’isolement social. Ces mécanismes affectent la réputation de la victime et sa capacité à s’intégrer dans un groupe social.

4 – Cyberharcèlement :

    • Cette forme de harcèlement utilise les technologies numériques, comme les réseaux sociaux, les applications de messagerie, les forums en ligne, ou les jeux vidéo, pour harceler ou intimider la victime. Cela peut inclure des menaces en ligne, des messages haineux, des photos ou vidéos compromettantes partagées sans consentement, ou la propagation de rumeurs via internet.

5 – Manipulation et contrôle :

    • Les harceleurs peuvent utiliser des tactiques de manipulation pour contrôler ou exploiter les autres. Cela peut inclure le chantage émotionnel, les menaces, ou la manipulation psychologique pour maintenir une position de pouvoir.

6 – Exploitation de la vulnérabilité :

    • Les agresseurs peuvent cibler des personnes vulnérables en raison de leur âge, de leur genre, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur origine ethnique, de leur handicap, ou d’autres caractéristiques. Ils utilisent ces facteurs pour exacerber le sentiment d’isolement ou de différence chez la victime.

7- Micro-agressions :

    • Ce sont des comportements subtils, souvent non conscients, qui transmettent des messages de discrimination ou de mépris envers un groupe ou une personne. Bien qu’ils puissent sembler mineurs, ils ont un effet cumulatif qui peut contribuer à un environnement de harcèlement.

Ces mécanismes peuvent se chevaucher et se renforcer les uns les autres. Les harceleurs utilisent d’ailleurs souvent une combinaison de ces tactiques pour exercer leur pouvoir sur les autres.

*Source : https://www.education.gouv.fr/non-au-harcelement/qu-est-ce-que-le-harcelement-325361

Comment prévenir le harcèlement scolaire ?

L’une des solutions est d’accompagner et d’outiller les enfants à savoir comment répondre eux-mêmes aux intimidations. Ils auront alors la possibilité de se défendre. En effet la sensibilisation au sujet et le sentiment de compétence permettent d’éloigner un stress qui peut figer sur le moment. Il pourront ainsi transmettre leurs compétences à d’autres camarades.

 

En effet, si l’enfant sait se défendre, il ne prend pas la position de victime.

S’il n’y a pas de victime, il n’y a pas de harceleur.

Et en l’absence de victime et d’agresseur, il ne peut y avoir harcèlement !

Nous avons besoin d’accompagner nos enfants à développer leurs compétences psycho-sociales : estime de soi, confiance en soi, écoute, attention, communication, empathie, régulation des émotions…

En effet, ces compétences favorisent le « bien vivre ensemble », puisqu’elles permettent – dans les groupes de jeunes – un meilleur climat relationnel. Par ailleurs, un adolescent qui aura grandi dans un environnement respectueux et empathique dès son plus jeune âge aura plus tendance à intervenir en tant que témoin par exemple.

Et parce que nous savons que ce n’est pas évident, nous vous accompagnons en ateliers de groupe et en coaching. Effectivement, vivre la non violence éducative au sein de la famille est un facteur central dans la baisse de la violence dans la société en général.

Un outil pour travailler l’assertivité

Pour travailler l’assertivité, nous proposons régulièrement en séance de coaching le jeu de cartes Takattak. Ce dernier va permettre aux enfants de s’amuser à s’entraîner à avoir de la répartie dans un environnement sécurisant (entre amis , en famille,…).

Le but est de riposter en une phrase sans créer de conflit tout en répondant en fonction de la consigne : autodérision, pirouette, désarçonner avec un compliment…

Ce jeu de cartes est destiné aux  8-12 ans (il est possible d’y jouer plus tôt si vous le sentez pour votre enfant) et il  existe aussi :

– en version classique pour les ados et les adultes

– dans une version TRASH (sur les sujets du sexisme, homophobie, racisme, cyber-harcèlement… ), très adapté à la réalité d’aujourd’hui

En tenant tête à un intimidateur, la relation reste équilibrée ce qui protège du harcèlement. Pour rappel : en situation de harcèlement, l’un prend le dessus parce que l’autre se rabaisse, ne sachant pas comment faire autrement !

 

Pour aller plus loin, voici quelques ressources :

« Harcèlement scolaire : le vaincre c’est possible : La méthode de préoccupation partagée » (Jean-Pierre Bellon) et Bertrand GARDETTE

“Te laisse pas faire” et « Je me défends du harcèlement” d’Emmanuelle Piquet

« Stop au harcèlement ! – Un livre indispensable pour comprendre et agir face au harcèlement », de Chantal Rojzman, Violène Riefolo, Isabelle Filliozat, Lucie Durbiano

« 100 idées pour accompagner les jeunes neuroatypiques face au harcèlement », de Myriam Bost (Auteur), Amélie Sourd et Justine Viviant


La Journée de la Non-Violence Éducative : un engagement pour l'avenir

La journée de la non-violence éducative :

un engagement pour l’avenir

Le 30 avril 2024, depuis 20 ans, nous fêtons la Journée de la Non-Violence Éducative en France. A l’initiative de Catherine Dumonteil-Kremer 🔗, elle vise à sensibiliser à l’importance de l’éducation non violente.

En résumé, l’objectif est de promouvoir une éducation qui favorise le développement émotionnel et intellectuel des enfants sans recourir à la violence physique ou verbale. Cela nécessite donc d’encourager les parents, les éducateurs et les adultes en général à adopter des approches éducatives  basées sur le respect mutuel, la communication positive et la résolution pacifique des conflits.
La Journée de la Non-Violence Éducative est aussi l’occasion de sensibiliser les individus aux effets néfastes de la violence dans l’éducation. Elle encourage également le dialogue et l’échange d’expériences car on ne le dira jamais assez : « il faut tout un village pour éduquer un enfant ».

La non-violence éducative en France

Le cadre légal

Ces dernières années les choses bougent :

📕 La loi du 10 juillet 2019 🔗, a modifié l’article 371-1 du Code civil français pour interdire explicitement tout châtiment corporel ou traitement cruel, dégradant ou humiliant envers les enfants : « l’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques ». Cette interdiction couramment nommée « loi anti fessée » vise à protéger les enfants de tout type de violence physique dans le cadre éducatif. Cela a constitué une première étape vers l’interdiction des châtiments corporels et autres formes de violence éducative. Elle précise les sanctions en cas de non-respect de l’interdiction des violences éducatives ordinaires. Elle a ainsi consolidé le cadre légal visant à protéger les enfants contre toute forme de violence physique ou psychologique dans le cadre de l’éducation.

Le premier pays à s’être engagé contre les violences éducatives est la Suède en 1979, La France est le 56ème pays à adopter cette loi, après avoir été condamné en 2015 par le Conseil de l’Europe.

La réalité dans les familles

C’est une chose d’avoir un cadre légal, s’en est une autre de vivre concrètement une éducation non violente avec ses enfants. En effet, de nombreuses questions en découlent. De manière général, il est assez facile de se représenter ce qu’est une maltraitance. Il est cependant beaucoup plus difficile de définir ce qu’est une violence. En fonction de notre cadre éducatif, culturel, de notre histoire…. nous considérons certains comportements violents et d’autres non. Difficile de faire consensus !

Qu’est ce qu’une violence éducative ?

Aujourd’hui sont considérés comme violences éducatives :

📌 Les châtiments corporels : cela inclut les fessées, les gifles, les coups de ceinture, etc.

📌 Les violences verbales : cela comprend les insultes, les humiliations, les menaces, les cris constants, etc.

📌 Les humiliations et les dégradations : cela peut aller de l’humiliation publique à des gestes ou des paroles dégradantes.

📌 Les négligences affectives ou émotionnelles : ignorer les besoins émotionnels d’un enfant ou lui refuser l’affection peut également être considéré comme une forme de violence éducative.

Agir contre les violences éducatives

Aletha Solter a écrit « l’enfant n’a pas besoin de parents parfaits mais de parents engagés dans une découverte réparatrice d’eux-mêmes ». Oui, les sources de stress, la pression, les contraintes sont nombreuses autant pour les enfants que pour les parents. C’est autant de raisons qui peuvent nous faire dégoupiller, nous déconnecter de nos propres besoins. Parfois, il  suffit de pas grand chose pour que cela explose. La non-violence éducative c’est comprendre le ou les déclencheurs de l’émotion, du stress, du sentiment aussi intense soit-il pour déconstruire les mécanismes du stress et non contenir, retenir la violence qui émerge. Parfois un mot, un cri, un ras-le-bol vient blesser l’enfant : sommes-nous prêts à prendre le chemin de la réparation pour retisser la relation?
De plus, de nombreux parents arrivent à la parentalité positive en espérant y trouver une baguette magique et ainsi pouvoir vivre un quotidien serein. N’est-ce pas une belle illusion ? La vie de famille est par définition chaotique car en perpétuel mouvement : rien n’est figé, tout évolue. L’objectif de la non-violence éducative est de repenser nos rapports adulte-enfant, de penser le conflit autrement, de réfléchir à faire coexister des besoins différents, d’écouter et d’être écouté. Souvent, quand nous disons « mon enfant ne m’écoute pas », nous voulons dire « mon enfant ne m’obéit pas »… C’est tellement difficile de sortir des modèles éducatifs d’obéissance dans lesquels nous baignons depuis si longtemps !

Quelques questions pour faire bouger les choses

Qu’en est-il de nos attentes de parents ? Sommes-nous prêts à considérer l’enfant autrement, à remettre en question nos pratiques ? A accepter l’enfant comme quelqu’un qui a déjà des compétences et qui a aussi à nous apprendre ?

Il y a tellement de chemin à parcourir vers la non-violence éducative, tellement de remises en questions, tellement de découvertes. Et si nous le faisions ensemble ? Découvrez nos coachings personnalisés ou nos ateliers collectifs  pour les parents🔗  et nos formations pour les professionnels 🔗 pour avancer à votre rythme et faire bouger les choses.

 

Cette année encore, nous nous engageons bénévolement auprès des parents et des professionnels pour la Journée de la Non-Violence Éducative. Vous pouvez aussi découvrir le travail militant de ll’OVEO – Observatoire des Violences Éducatives Ordinaires 🔗 et la campagne de la Fondation pour l’Enfance 🔗


Les enfants et le numérique : 6 conseils pour les accompagner

Les enfants et le numérique :

6 conseils pour les accompagner

Vivre à l’ère numérique offre à nos enfants et à nos ados d’innombrables opportunités, mais cela apporte également son lot de responsabilités et de défis uniques. En tant que parent ou éducateur, il est essentiel d’accompagner nos enfants dans leur utilisation des technologies et de les aider à développer des compétences numériques saines. En plus des balises 3-6-9-12 proposées par Serge Tisseron 🔗, voici quelques propositions pour naviguer dans un monde numérique en constante évolution.

Conseil n°1 : Communiquez et portez de l’intérê

Chez Gestes et mots d’amour, nous vous encourageons à favoriser un environnement où vos enfants se sentent à l’aise de partager leurs expériences en ligne. Encouragez-les à vous parler de leurs activités, de leurs intérêts, de leurs jeux et des plateformes qu’ils fréquentent. Vous pouvez peut-être proposer à votre ado de jouer en ligne avec lui ? Bref, soyez curieux et informés sur les applications, les réseaux sociaux et les jeux du moment afin de pouvoir discuter de manière constructive.

Conseil n°2 : Établissez des règles claires 

Définissez des règles pour l’utilisation des écrans. Limitez le temps, fixez les types de contenus autorisés, encouragez des pauses régulières et définissez des zones sans écrans dans la maison (ex : dans les chambres à partir d’une certaine heure, à table lors des repas,…). Impliquez vos enfants dans l’élaboration de ces règles : en y mettant de la collaboration et du sens, vous maximisez les chances de faire respecter le cadre.

Poser des limites de manière respectueuse ça s’apprend avec les ateliers Faber et Mazlish 🔗 ou les ateliers Vivre et grandir ensemble 🔗.

Conseil n°3 : Sensibilisez à la cybersécurité 

Apprenez à vos enfants à reconnaître les menaces en ligne et à protéger leurs informations personnelles. Pour cela, vous pouvez les aider à configurer correctement les paramètres de confidentialité sur leurs comptes en ligne (d’ailleurs, le faites-vous pour vous-mêmes ?). Expliquez l’importance de choisir des mots de passe forts et de ne pas partager d’informations sensibles avec des inconnus en ligne. 

Pour faciliter les premiers pas, il est tout à fait pertinent d’accompagner l’enfant lors de ses premières navigations sur Internet

Il est également intéressant d’amener une discussion sur la distinction d’espace intime et public. En plus du droit à l’intimité, on peut évoquer le droit à l’image et les trois principes d’Internet :

  • Tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public
  • Tout ce que l’on y met y restera éternellement
  • Il ne faut pas croire tout ce que l’on y trouve

Enfin, dès la fin de l’école primaire, il est utile d’aborder le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus inappropriés (ex : porno…), la cyberprédation, etc.

Conseil n°4 : Soyez un modèle 

Nous vous parlons très souvent de l’effet puissant de la modélisation chez Gestes et mots d’amour. Effectivement,  lorsque vos enfants vous voient adopter des comportements équilibrés vis-à-vis de la technologie, ils sont plus susceptibles de faire de même. Nous avons donc tout intérêt à leur montrer comment établir un équilibre entre la vie en ligne et hors ligne, et comment traiter les autres avec respect derrière un écran.

Conseil n°5 : Veillez sur l’usage

Observez régulièrement l’activité en ligne de vos enfants, en particulier pour les plus jeunes. Nous vous invitons à activer les fonctionnalités de contrôle parental intégrées aux appareils (smartphones, tablettes, ordinateurs) pour limiter l’accès à des contenus inappropriés et définir des limites de temps d’utilisation en paramétrant par exemple votre box.

Nous vous encourageons également à utiliser des logiciels de contrôle parental, à choisir en fonction des besoins de votre famille. Quelques exemples (à aller creuser dans votre moteur de recherche) : Qustodio 🔗, Bark 🔗, Norton Family 🔗, Google Family Link 🔗….

L’usage du numérique dans la pièce de vie de la maison permet aussi de jeter un œil régulièrement sur l’écran.

Conseil n°6 : Encouragez l’autonomie

Il est vraiment important de permettre à nos enfants d’apprendre à réguler leur activité par eux-même. Et c’est un sacré défi lorsque l’on connaît les stratégies des réseaux sociaux pour accaparer notre attention. Nous vous proposons pour cela deux idées :

  • créer du débat en regardant par exemple « The social Dilemma » (« Derrières nos écrans de fumée ») 🔗 documentaire conseillé à partir de 12 ans. En effet, développer leur sens critique est essentiel pour qu’ils fassent ensuite des choix éclairés.
  • sortir du modèle de punition/récompense si vos enfants n’arrivent pas à lâcher leur écran. En effet, la punition a largement tendance à entraîner des stratégies pour y accéder de manière cachée. Impliquez-les dans une recherche de solution co-construite. Vous avez plus de chance que cela fonctionne si la solution vient d’eux.

Pour résumé, en collaborant avec vos enfants, en établissant des règles claires et en encourageant une utilisation équilibrée des technologies, vous les préparez à tirer pleinement parti des opportunités numériques tout en restant en sécurité et ancrés dans le monde réel. Pour de futurs citoyens numériques responsables et bien informés ! Et si vous vous sentez en difficulté sur le sujet, ne restez pas seul, nous pouvons vous accompagner en coaching parental 🔗, l’occasion de découvrir de retrouver le chemin vers votre enfant ou votre adolescent.


Le time-out

Ces derniers mois, vous avez certainement entendu parlé du "time-out" dans les sujets de parentalité. Nous avons donc à coeur de partager avec vous le travail de Marc-André Cotton qui propose de revoir cette thématique du time-out. Sans être exhaustif, il s'est intéressé au sujet sur une période s’étalant sur quelques 80 années de recherches en sciences du comportement.

Le travail de Marc-André Cotton sur le time-out

"J’ai consulté près d’une centaine d’études qui font clairement apparaitre que les comportementalistes ont un rapport problématique aux enfants. D’abord considérés comme de vulgaires sujets d’expérience à l’instar de petits animaux de laboratoire, ces derniers furent par la suite manipulés par diverses formes de conditionnement, dont le retrait d’attention – le fameux « time-out ».

Un paradigme à revoir

Gardez à l’esprit que pour ces chercheurs, tous les comportements humains sont le résultat de récompenses et de punitions. C’est très réducteur bien sûr, mais ils ne sortent pas de ce paradigme, même dans les études les plus récentes. Les plus anciennes reposent sur des dispositifs qui seraient aujourd’hui considérés comme contraires à l’éthique.

Des interprétations critiquables

Leurs expériences sont rarement conformes aux critères méthodologiques permettant de produire des résultats fiables. Leurs interprétations sont critiquables, notamment parce qu’elles présentent un biais de confirmation problématique : on ne voit que ce que l’on veut voir, en l’occurrence la nature prétendument manipulatrice de l’enfant.

Une démarche manquant de rigueur scientifique

Les chercheurs ont également utilisés des artifices statistiques pour pallier la variabilité et la petite taille des échantillons étudiés et améliorer ainsi artificiellement les résultats. Dans de nombreuses études censées démontrer la validité du « time-out », aucune comparaison avec des approches non-comportementales n’est faite, ce qui disqualifie la démarche sur un plan scientifique.

Des conséquences mal connues

Quant à la nocivité du « time-out », les comportementalistes tournent autour du pot depuis des années. Ils admettent maintenant que la mesure peut effectivement être nocive si elle n’est pas mise en œuvre dans le strict respect des procédures qu’ils ont testées cliniquement. Elle peut aussi agir comme déclencheur et réactiver des traumatismes existants. Dont acte. Mais quel parent retiendra toutes ces contorsions de langage avant d’appliquer à son enfant une mesure d’isolement ?

Pour aller plus loin sur le sujet du time-out

Pour faciliter votre accès aux informations de cet article très dense, vous pouvez accéder facilement aux vingt points dans le lien ci-dessous. Vous pouvez aussi commencer directement par les conclusions. Comme habituellement, toutes les références sont accessibles dans ses notes."

Voici le lien 🔗

Retrouvez nos activités pour apprendre à éduquer autrement 🔗


Parentalité : de la famille idéale à la famille réelle

L'idéal de la famille bisounours face au quotidien des parents

 

En nous engageant dans une parentalité respectueuse des besoins de chacun, il y a pour la grande majorité des parents, l’envie d’être le parent dont nous aurions eu besoin quand nous étions petit. Sauf que derrière ce postulat peut se cacher un idéal d’une famille bisounours dans laquelle :

💚 tout le monde se parlerait avec des mots gentils

💚 chacun ferait attention aux émotions de l’autre tout le temps

💚 la bienveillance serait permanente....

 

Faire face à la réalité

Sauf que la réalité est souvent bien différente et les raisons à cela sont nombreuses. Nous pouvons d’ores et déjà en citer quelques-unes (on vous laisse compléter la liste ! ) :

⚡ Nos rythmes de vie sont trop denses

⚡ Nous ne respectons pas nos besoins physiologiques (dormir assez, bouger régulièrement, respirer un air de qualité, manger une nourriture de qualité en conscience…)

⚡ Nous avons reçu une éducation traditionnelle/répressive/punitive….

Et nos émotions dans tout ça?

En effet sur chacun de ses points il y a bien entendu matière à changement ou à travail sur soi. Dans un premier temps, nous vous proposons d’accepter que le chaos fasse partie de la vie. A partir du moment où il y a cohabitation d’individus différents (ce qui est le cas dans une famille), il y a des ajustements permanents à l’autre. Parfois, cela nous affecte et nous pouvons nous sentir débordé.e.s, voire envahi.e.s.

Prenons un exemple et observons ce qu’il se passe avec la colère. La colère est une émotion, c’est-à-dire un état qui se déclenche suite à un stimuli : peut-être la vue d’une chambre sens dessus dessous alors que vous aviez demandé qu’elle soit rangée ou une attitude agressive d’un de vos enfants envers un autre…

Pour commencer, faites-vous la différence entre « Je suis en colère » et « Je ressens de la colère » ?

L’idée est de ne pas s’identifier à cette émotion mais de la percevoir comme une vague qui nous traverse. La colère monte, nous met en tension, puis se relâche jusqu’à disparaître. Nos émotions sont très utiles, elles nous transmettent une ou des information.s qui nous guident et vont nous permettre de prendre des décisions.

Quand cette vague nous traverse, quand tout notre corps se met en état de tension, notre colère parle alors de nous. Cela peut évoquer un besoin qui n’est pas comblé, une blessure d’enfant non guérie…. Selon notre personnalité, notre culture, notre histoire et notre éducation, il est possible que la décharge ne soit pas constructive pour nous et les gens qui nous entourent.

Passons à l'action

1️⃣- Je prends le temps de laisser passer la vague et de revenir à un état de calme intérieur. J’identifie le facteur et l’élément déclencheur qui sont bien deux choses différentes. Par exemple quand j'explose pour une verre d'eau renversé par mon enfant, l'élément déclencheur est le verre renversé mais le facteur est peut-être ma grande fatigue. Ensuite je repère en conscience ce qu’il se passe dans mon corps. A ce moment-là je suis en état de stress et ce n’est pas le moment d’agir mais plutôt le moment de faire une pause. Par exemple, commencer par une respiration régulière peut m’aider ou crier dans un coussin

2️⃣- J’accepte que l’erreur fasse partie de la vie, je ne suis pas un robot et parfois je suis débordé.e. Plutôt que de m’autoflageller, la priorité est maintenant de retisser les liens avec mon enfant. C'est le moment où je peux aller m’excuser et le rassurer sur l’amour que je lui porte. Lui proposer une autre façon de dire les choses calmement. C’est aussi l’occasion d’être modélisant, mon enfant a besoin d’un modèle pour vivre lui aussi avec ses émotions.

3️⃣- Je deviens un parent chercheur, pour apprendre de mes expériences. Je peux me rappeler que ce sont bien des expériences et non des échecs ! De cette situation je découvre comment transformer les choses la fois suivante. Nous aimons la citation d'Einstein « La folie, c'est de faire toujours la même chose et de s'attendre à un résultat différent ». Effectivement, une fois sorti.e de la situation de crise je peux repenser les choses et activer mon mode « Recherche de solution ». Je peux même y associer mon enfant, me laisser surprendre et faire preuve de créativité !

Le soutien parental, une clé pour avancer!

Nous le répétons très régulièrement : la bienveillance commence par nous-même. Je ne peux pas donner quelque chose que je ne reçois pas, ou alors pas longtemps car mes réserves ne sont pas inépuisables. Alors profitons de cet instant pour regarder nos émotions avec gratitude, grâce à elles je grandis et je me répare.

Le soutien entre parents est une base essentielle pour faire grandir la relation à nos enfants et vivre une parentalité épanouie. Au quotidien nous nous engageons à vos côtés pour faire de vos imperfections une force créatrice de liens ! Découvrez nos ateliers comme le cycle Vivre et Grandir ensemble ou Accueil des émotions ou pour une expérience sur-mesure le coaching parental.


Ressources autour des apprentissages

Accompagner les apprentissages dans le jeu et la bonne humeur

En fonction de notre vécu et de nos expériences dans ce domaine,  nous pouvons éprouver différents ressentis dans l'accompagnement des apprentissages de nos enfants : plaisir, curiosité, stress, frustration, impuissance... Les dernières connaissances en neurosciences nous amènent à réfléchir notre posture. Lorsque nous souhaitons faire différemment, cela nous demande de l'énergie. Pour vous accompagner à prendre du recul, à changer de regard et à vous outiller, nous avons eu l'envie de vous partager quelques ressources (non exhaustives) :

 

📕 Livres : 

“Apprendre autrement avec la pédagogie positive” d'Audrey Akoun et Isabelle Pailleau

"Les apprentissages autonomes" de John Holt

"100 jeux pour aider son enfant en difficulté d'apprentissage" pour les enfants de 6 à 12 ans qui présentent un ou des troubles des apprentissages (Dys), troubles moteurs, un trouble du déficit de l’attention avec/sans hyperactivité (TDAH), des troubles émotionnels voire même un trouble du spectre autistique (TSA).

"Heureux d'apprendre à l'école" de Catherine Guegen

"1, 2, 3, les devoirs ne sont plus un cauchemar : ni pour les enfants, ni pour les parents..." de Véronique Maciejak

"Brain gym : Bouger pour apprendre" de Francine Driès

"Les lois naturelles de l'enfant" de Céline Alvarez"Parler pour que les enfants apprennent" d'Adele Faber et Elaine Mazlish

"Apprends moi à faire seul" de Charlotte Poussin

 

🎧 Podcasts :

La matrescence

Épisode 141 – La classe autonome : une des meilleures profs du monde développe sa pédagogie révolutionnaire ici

Épisode 140 – Pourquoi le jeu est primordial dans l’apprentissage ? ici

Les Montessouricettes

Episode 167 : Les 6 périodes sensibles Montessori .... et les autres ici

Episode 62 : L'enfant est un scientifique ici

Ensemble naturellement

Episode 2 : Les devoirs ne sont plus un cauchemar ici

 

🛠️Outils :

Méthode Multimalin pour les tables de multiplication, l'orthographe et la conjugaison

Les Alphas pour la lecture

Mes cartes mentales (coffret pour différentes matières)

 

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Pour aller plus loin dans votre cheminement, pour mettre de la conscience dans la relation, pour expérimenter autrement le processus d'apprentisssage, retrouvez-nous en coaching et/ou en session Vivre et Grandir Ensemble !


L'art de questionner un enfant

Avec l'arrivée de la rentrée scolaire, beaucoup d'entre nous vont se demander comment vont nos enfants et ce qu'ils font de leur journée.

Nous pouvons avoir envie de poser cette fameuse question  : "As-tu passé une bonne journée ?", question qui pourrait donner l'impression à l'enfant de décevoir son parent en répondant par la négative.

Ou d'autres préfèrent la fomulation : "Comment s'est passée ta journée ?"
A la suite de cette question, vous avez ou vous allez certainement expérimenter une réponse du type "bien"/"pas bien" voire "je ne sais pas".

Il est intéressant de s'interroger sur ce vous ressentez face à ce type de réponse : de la frustration ? de l'inquiétude ? de l'agacement ? de la sérénité ? de la curiosité ?
Il peut effectivement être difficile d'accepter que nos enfants ne veuillent pas toujours partager les détails de leur vie. Dans le même temps, il est important de l'accepter et de prendre en compte que l'enfant EST et VIT dans l'instant présent. Pour se raconter, il aura parfois besoin d'un élément pour raviver le souvenir.

De la même façon au moment T, prenez le temps de ressentir votre capacité à pleinement écouter la réponse :
- Suis-je prêt.e à entendre que la journée a pu être difficile pour mon enfant ?
- Ai-je besoin d'une transition entre mon travail et la récupération des enfants ?
- Ai-je du temps et de la disponibilité pour lui ?

Gardons en tête que cette question peut aussi être une question dite par habitude, dans le même style que "ça va ?"lorsque l'on salue une personne.

Après ce petit moment d'introspection, nous pouvons utiliser des stratégies pour encourager la communication. Voici quelques pistes pour lancer une invitation à raconter sa journée (et non pour attendre et exiger !) :
- donner l'exemple en racontant notre journée
- accueillir les sentiments au lieu de questionner "On dirait que tu as eu une journée difficile"
- partager notre ressenti et éviter les questions : "Je suis content.e de te retrouver"
- utiliser le jeu "une vérité et un mensonge" (chacun raconte une histoire vraie et une fausse de sa journée. Les auditeurs doivent deviner quelle est la vraie)
- utiliser le jeu le top/flop (chacun raconte son meilleur moment et le moment le plus désagréable de sa journée)
- lui laisser la responsabilité du moment "Quand tu seras prêt.e", "Quand tu en auras envie"...Les enfants ont parfois besoin d'assouvir d'autres besoins (par exemple goûter, se défouler, jouer...) avant de revenir sur leur journée
- se rendre disponible en limitant les distractions comme le téléphone
- poser des questions ouvertes "Raconte-moi ce que tu as mangé à la cantine", "A quoi as-tu joué à la récréation ?"
- proposer un temps de massage au moment du coucher, car le toucher peut favoriser les échanges privilégiés.

N'oublions pas que nous ne pourrons pas tout savoir et qu'il suffit parfois juste d'observer nos enfants, de les regarder jouer pour avoir accès à leur univers !


La violence éducative est-elle naturelle ?

A l'occasion de la Journée de la Non Violence Educative du 30 avril, nous avions l'envie de répondre à cette question :

La violence éducative est-elle naturelle ?

Parce que les chattes donnent parfois des coups de patte à leurs chatons, certains en concluent que le fait de frapper les enfants est naturel (ce qui est déjà différent que de prendre un objet pour taper). En réalité, le coup de patte lui-même n'est pas en usage chez les animaux les plus proches de nous. Ainsi, chez les bonobos, espèce de singes considérés comme les plus proches de l'homme, les mères ne « punissent » pas leurs rejetons. Elles les éloignent simplement d'un danger éventuel. Elles ignorent également le geste de frapper du plat de la main. Si certaines femelles maltraitent leurs petits, plutôt en les négligeant qu'en les malmenant, c'est apparemment, presque toujours, parce qu'elles ont été elles-mêmes abandonnées ou négligées dans leur jeune âge. Le seul cas où les mères interviennent violemment contre leurs propres petits, c'est lorsque ceux-ci, devenus adolescents, presque adultes, importunent leurs frères plus jeunes.

Frapper les enfants n'a donc probablement rien d'instinctif. C'est un comportement humain, culturel, acquis par imitation.

On peut donc supposer que, tant que notre comportement a été assez proche de celui des grands singes, nous n’avons pas plus malmené nos petits que ne le font les bonobos. Mais plus les sociétés humaines ont évolué et ont adopté des comportements éloignés de leurs comportements innés (peut-être en particulier au moment du passage à l'agriculture), plus les hommes ont dû être amenés à imposer des contraintes aux enfants, voire des épreuves douloureuses (rites d'initiation cruels, rites sacrificiels) auxquelles les comportements biologiquement programmés ne les préparaient évidemment pas. Les parents ont dû employer la force et la violence pour faire céder la résistance des enfants.
ll est possible aussi que le passage à la sédentarisation et à l'agriculture ait rapproché considérablement les naissances, les bouillies de céréales et le lait d'animaux domestiqués permettant des sevrages précoces.
Alors qu'on suppose que les naissances chez les préhominiens et les premiers hommes devaient être espacées d'au moins quatre ou cinq ans, elles ont pu ne plus être distantes que de deux ou trois ans dans les sociétés sédentarisées. Ce changement de rythme a pu rendre agressive l'attitude des premiers-nés, encore très dépendants de leur mère, à l'égard des nouveau-nés qui l'accaparaient. D'un autre côté, l'hormone de l'allaitement, la prolactine, a pour effet secondaire de rendre les mères extrêmement sensibles à la moindre agression contre leur nourrisson. Il n'est pas impossible que ce réflexe de défense répondant à toute manifestation de jalousie des aînés soit devenu un usage considéré comme nécessaire pour l'éducation. Dans un second temps, les enfants qui avaient subi ce traitement ont pu le répéter par simple compulsion de répétition sur leurs propres enfants. Le cycle de la violence "éducative" se trouvait ainsi programmé de façon comportementale, dans le cerveau même de tout enfant qui en avait été victime. Puis ce comportement a été théorisé sous forme de proverbes qui ont traversé les siècles et les millénaires. La violence éducative devenait ainsi partie intégrante de la culture.

La violence se transmet donc en cascade des parents aux enfants, de génération en génération, et cela peut durer encore très longtemps. Dans un pays comme la France, il a fallu environ un siècle et demi à deux siècles pour que le seuil de tolérance à la violence éducative s'abaisse de la bastonnade à la gifle et à la fessée.
Nous avançons, car la France a été le le 56e pays a adopté la “loi anti-fessée” le 2 juillet 2019 qui indique désormais que «L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques».
Effectivement, c’est un sacré changement qui peut être difficile à mettre en place au sein de la famille car nous avons vu que l’éducation traditionnelle est inscrite profondément en nous. Nous avons donc à coeur de vous accompagner sur ce sujet en coaching parental et en atelier pour que vous puissiez y trouver des clés, des pistes de réflexion et des outils à ramener chez vous. Vous trouverez déjà des premières pistes en cliquant ici. 


Les bénéfices de la nature et idées d'activités

Aujourd’hui, quatre enfants sur dix (de 3 à 10 ans) ne jouent jamais dehors pendant la semaine, selon un rapport publié en 2015 par l’Institut de veille sanitaire (INVS). Et les petits Franciliens sortent encore moins. « Le jeu en plein air a été éliminé de l’emploi du temps des enfants », résume Julie Delalande, anthropologue de l’enfance.

Pourtant, le jeu physique libre en extérieur est un type de jeu qui favorise un développement sensorimoteur sain chez l'enfant.
Plongés en pleine nature, les enfants apprennent à prendre des risques, à surmonter leurs peurs, à se faire éventuellement de nouveaux amis, à réguler leurs émotions, à créer des mondes imaginaires et cela booste leur système immunitaire.

Dans notre vie bien remplie avec un agenda bien chargé, offrons-nous chaque jour à la fois du temps et de l'espace aux enfants pour qu'ils s'amusent dehors ?
Est-ce que mon enfant a des temps pour jouer librement en extérieur en dehors de ses activités extrascolaires ?

Bien sûr, un sport apporte beaucoup aux enfants : responsabilité, esprit d'équipe, persévéranve, endurance...
En revanche, quand il est à l'initiative du jeu et sans supervision, l'enfant peut penser, bouger et créer en sollicitant à la fois son corps et son esprit. Les neurones carburent alors à plein régime tandis que les enfants explorent leur environnement, pleinement vivants.

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Voici quelques exemples d'activités en extérieur pour éveiller les sens :
- marcher pieds nus
- cueillir des fruits ou des baies
- jardiner
- interagir avec des animaux
- grimper aux arbres
- faire des cabanes
- pratiquer le landart
- cuisiner au feu de bois
- proposer des immersions en famille dans la nature : sortie en forêt, randonnées en montagne, camping...

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Bien sûr, l'extérieur peut réveiller nos insécurités (avoir peur que l'enfant se blesse et/ou ne soit plus dans notre champ de vision par exemple) et dans le même temps, c'est aussi une façon de limiter le temps d'écran et de sensibiliser les enfants au vivant.

En effet de façon générale, pour protéger, il faut connaître. Pour agir, il faut se connecter.

Les bénéfices du jeu en extérieur profitent donc aux enfants à la fois à leur domicile et à l'école.
Ainsi, gardons en tête que nous ne sommes pas obligés d'organiser l'activité des enfants. Se mettre en retrait et leur accorder du temps de jeu libre participe clairement à leur développement. Ils créeront spontanèment leurs jeux et se mettront en mouvement selon leurs besoins. Ils vous solliciteront peut-être d'ailleurs pour prendre un rôle : Que diriez-vous de déguster un délicieux hamburger de terre, accompagné de sa salade de feuilles ?

Enfin, ce qui est valable pour les enfants l'est aussi pour nous adultes ! Les bienfaits de la nature ne sont plus à démontrer et il existe clairement un impact sur la régulation de notre système nerveux, profitons-en aussi !