La parole de l'enfant : comment la valoriser ?

La parole de l’enfant :

comment la valoriser ?

La parole de l’enfant en France

Voici un sujet fondamental dans l’Ă©ducation et le dĂ©veloppement de nos enfants : la place et la prise en compte de leur parole. En France, comme dans de nombreux autres pays, cette question est encadrĂ©e par la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), adoptĂ©e par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies le 20 novembre 1989.

 

L’importance de la parole de l’enfant

La parole de l’enfant est essentielle pour plusieurs raisons. En effet, elle permet non seulement de comprendre leurs besoins, leurs Ă©motions et leurs points de vue, mais elle contribue Ă©galement Ă  leur dĂ©veloppement cognitif et Ă©motionnel. En Ă©coutant nos enfants sans jugement, nous leur offrons un espace pour s’exprimer librement, dĂ©velopper leur confiance en eux et nous participons ainsi activement Ă  leur Ă©panouissement.

 

La Convention Internationale des Droits de l’Enfant

La CIDE constitue le socle juridique de la reconnaissance des droits des enfants. Parmi ses articles, plusieurs insistent sur la nĂ©cessitĂ© de considĂ©rer la parole de l’enfant :

  • Article 12 : Le droit d’ĂȘtre entendu

Cet article stipule que les États doivent garantir Ă  l’enfant capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intĂ©ressant. Cette opinion doit ĂȘtre dĂ»ment prise en compte en fonction de l’Ăąge et du degrĂ© de maturitĂ© de l’enfant.

 

  • Article 13 : LibertĂ© d’expression

L’enfant a le droit de rechercher, de recevoir et de rĂ©pandre des informations et des idĂ©es de toutes sortes, sans considĂ©ration de frontiĂšres.

  • Article 14 : LibertĂ© de pensĂ©e, de conscience et de religion.

Ce droit inclut le respect des opinions de l’enfant et son droit de les exprimer.

 

La situation en France

En France, de nombreuses initiatives visent Ă  renforcer la prise en compte de la parole de l’enfant. MalgrĂ© tout, de nombreux dĂ©fis subsistent. Par exemple, dans le cadre scolaire, la situation peut ĂȘtre trĂšs hĂ©tĂ©rogĂšne sur la prĂ©sence ou non de reprĂ©sentants des Ă©lĂšves, ainsi que sur la prise en compte rĂ©elle ou non de leurs paroles. De la mĂȘme façon, seules certaines communes proposent un conseil municipal des jeunes, qui restent cependant Ă  distance de l’espace des adultes. Il y a donc tout intĂ©rĂȘt Ă  accorder une place importante Ă  la parole des plus jeunes au sein des familles.

 

Conseils pratiques pour valoriser la parole de l’enfant

  • CrĂ©er un environnement sĂ©curisant :

Les enfants doivent se sentir en sécurité pour exprimer leurs pensées sans crainte de jugement ou de réprimande.

  • Être attentif et prĂ©sent :

Accordez du temps Ă  vos enfants, Ă©coutez-les activement, posez des questions et montrez que leur avis compte.

  • Encourager la participation :

Invitez vos enfants à participer aux décisions familiales appropriées à leur ùge. Cela peut aller du choix des activités de loisirs aux discussions sur les rÚgles de la maison ou le choix des menus.

  • Valoriser leurs opinions :

Reconnaissez et valorisez les contributions de vos enfants. Cela renforce leur estime de soi et les incite Ă  s’exprimer davantage.

  • Éduquer aux droits de l’enfant :

Enseignez Ă  vos enfants leurs droits, y compris leur droit d’expression. Cela les responsabilise et les sensibilise Ă  l’importance du respect mutuel. Accompagner le dĂ©veloppement de leur sens critique concernant leur environnement. « Et toi dans cette situation, qu’est ce que tu aurais fait ? » Retrouvez sur notre blog les ressources bibliographiques et pĂ©dagogiques pour parler aux enfants de leurs droits.

  • Saisir les opportunitĂ©s :

En ce dĂ©but du mois de juin, nous allons voter pour les Ă©lections europĂ©ennes, c’est Ă  dire exprimer notre opinion sur les reprĂ©sentants français que nous aimerions voir siĂ©ger au Parlement europĂ©en. En France, selon certaines Ă©tudes, environ 60 Ă  70 % des personnes ont des orientations politiques proches de celles de leurs parents : l’hĂ©ritage politique familial est un fait. Dans le mĂȘme temps, il est passionnant d’Ă©couter la parole de nos enfants Ă  propos du monde de demain : ce qui est important pour eux, ce qui les questionne, les gĂȘnent tout en accueillant des opinions qui peuvent ĂȘtre diffĂ©rentes des nĂŽtres. La famille peut ĂȘtre ainsi le premier lieu de dĂ©bats et les enfants nous offrent l’opportunitĂ© de porter un autre regard sur le monde.

En tant que parents et éducateurs, nous avons donc un rÎle crucial pour aider les enfants à trouver leur voix et à se sentir entendus. En appliquant ces conseils pratiques, nous contribuons aux valeurs de la CIDE et au développement harmonieux de nos enfants.

Et parce que nous savons que ce n’est pas Ă©vident, nous vous accompagnons en ateliers de groupe et en coaching !

Restons engagĂ©s pour un monde oĂč chaque enfant est Ă©coutĂ© et respectĂ© !

 

Pour aller plus loin, voici quelques ressources en lien avec la parole de l’enfant :

Livres pour enfants

« Moi aussi, j’ai des droits » – Soline Bourdeverre-Veyssiere et Julie Zeitline

  • Un album pour Ă©veiller les enfants Ă  la conscience de leurs droits, composĂ© dans une police adaptĂ©e aux enfants dyslexiques. Il contient un jeu « Cherche & Trouve » et un carnet d’adresses/sitographie utiles.

« J’ai le droit d’ĂȘtre un enfant ! » de Alain Serres et AurĂ©lia Fronty

  • Ce livre, destinĂ© aux enfants de 6 Ă  10 ans, prĂ©sente les droits de l’enfant de maniĂšre poĂ©tique et visuelle. Chaque droit est illustrĂ© avec des dessins colorĂ©s et accompagnĂ© d’explications claires.

« J’ai le droit » de Alain Chiche

  • Ce livre prĂ©sente les droits des enfants avec des mots simples et des dessins attendrissants. Il s’inspire de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Ce livre aborde et enchaĂźne des sujets variĂ©s et complĂ©mentaires : la violence, l’Ă©cologie, le respect des diffĂ©rences, la citoyennetĂ©, etc. IdĂ©al pour lancer le dĂ©bat,

« Les droits de l’enfant », Cahier Filliozat, dĂšs 5 ans

  • Les droits de l’enfant sont partout : Ă  l’école, dans la rue, Ă  l’hĂŽpital, dans les livres, Ă  la maison… Mais Ă  quoi servent ces droits ? Des activitĂ©s et des outils pour les connaĂźtre, pour comprendre leur Ă©volution au fil des siĂšcles et des rĂ©gions du monde.

« DĂ©claration universelle des droits de l’enfant illustrĂ©e » de GĂ©rard Guerlais

  • GrĂące Ă  cet ouvrage, petits et grands pourront se familiariser avec un texte trop mĂ©connu, reproduit dans une version adaptĂ©e aux enfants Ă  partir de 10 ans, magnifiquement illustrĂ©e par 30 artistes contemporains.

En utilisant ces ressources, les enfants peuvent non seulement apprendre leurs droits, mais aussi comprendre l’importance de les respecter et de les dĂ©fendre pour eux-mĂȘmes et pour les autres.

Ressources en ligne

Le site du DĂ©fenseur des droits – Educadroit

Unicef – La page « La voix des jeunes »

Le site « Les droits en schémas »

  • Ce site prĂ©sente les droits de l’enfant sous forme de schĂ©mas simples et colorĂ©s. Il est conçu pour ĂȘtre facilement comprĂ©hensible par les enfants et est accompagnĂ© d’explications claires.
  • Les droits en schĂ©mas

Ressources vidéos

« C’est quoi les droits de l’enfant ? » de Jacques Azam

Ressources pédagogiques pour les enseignants et les parents

« Guide pĂ©dagogique sur les droits de l’enfant » de l’AOMF

  • Ce guide offre des ressources et des activitĂ©s pour enseigner les droits de l’enfant aux Ă©lĂšves de l’Ă©cole primaire. Il comprend des plans de leçon, des exercices et des jeux Ă©ducatifs.
  • Guide pĂ©dagogique de l’AOMF


Prévenir le harcÚlement scolaire : comment outiller nos enfants

Prévenir le harcÚlement scolaire :

comment outiller nos enfants?

Qu’est ce que le harcùlement scolaire ?

Selon le site du ServicePublic.fr : “Un Ă©lĂšve est victime de harcĂšlement scolaire lorsqu’il subit, de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e, des violences verbales, morales ou physiques de la part d’un ou plusieurs autres Ă©lĂšves. […] Le harcĂšlement scolaire peut ĂȘtre commis Ă  l’intĂ©rieur ou en dehors de l’Ă©tablissement scolaire.”

 

Les 3 caractéristiques du harcÚlement en milieu scolaire :

  • La violence : c’est un rapport de force et de domination entre un ou plusieurs Ă©lĂšves et une ou plusieurs victimes.
  • La rĂ©pĂ©titivitĂ© : il s’agit d’agressions qui se rĂ©pĂštent rĂ©guliĂšrement durant une longue pĂ©riode.
  • L’isolement de la victime : la victime est souvent isolĂ©e et dans l’incapacitĂ© de se dĂ©fendre.

Les principaux mécanismes du harcÚlement scolaire (mais pas que!)

Le harcÚlement peut prendre de nombreuses formes et utilise différents mécanismes. Voici quelques-uns des principaux mécanismes du harcÚlement :

1 – Intimidation physique :

    • Cela peut inclure des agressions physiques, des menaces de violence, des blocages ou des actes de coercition qui visent Ă  faire peur ou Ă  nuire Ă  la victime.

2- HarcĂšlement verbal :

    • Cela comprend les insultes, les moqueries, les injures, les propos dĂ©gradants ou humiliants, et toute autre forme de communication verbale qui vise Ă  blesser ou Ă  diminuer l’estime de soi de la victime.

3 – HarcĂšlement social ou relationnel :

    • Cela implique des actions visant Ă  isoler la victime du groupe, comme l’exclusion, les rumeurs, la diffamation, le rejet ou l’isolement social. Ces mĂ©canismes affectent la rĂ©putation de la victime et sa capacitĂ© Ă  s’intĂ©grer dans un groupe social.

4 – CyberharcĂšlement :

    • Cette forme de harcĂšlement utilise les technologies numĂ©riques, comme les rĂ©seaux sociaux, les applications de messagerie, les forums en ligne, ou les jeux vidĂ©o, pour harceler ou intimider la victime. Cela peut inclure des menaces en ligne, des messages haineux, des photos ou vidĂ©os compromettantes partagĂ©es sans consentement, ou la propagation de rumeurs via internet.

5 – Manipulation et contrĂŽle :

    • Les harceleurs peuvent utiliser des tactiques de manipulation pour contrĂŽler ou exploiter les autres. Cela peut inclure le chantage Ă©motionnel, les menaces, ou la manipulation psychologique pour maintenir une position de pouvoir.

6 – Exploitation de la vulnĂ©rabilitĂ© :

    • Les agresseurs peuvent cibler des personnes vulnĂ©rables en raison de leur Ăąge, de leur genre, de leur orientation sexuelle, de leur identitĂ© de genre, de leur origine ethnique, de leur handicap, ou d’autres caractĂ©ristiques. Ils utilisent ces facteurs pour exacerber le sentiment d’isolement ou de diffĂ©rence chez la victime.

7- Micro-agressions :

    • Ce sont des comportements subtils, souvent non conscients, qui transmettent des messages de discrimination ou de mĂ©pris envers un groupe ou une personne. Bien qu’ils puissent sembler mineurs, ils ont un effet cumulatif qui peut contribuer Ă  un environnement de harcĂšlement.

Ces mĂ©canismes peuvent se chevaucher et se renforcer les uns les autres. Les harceleurs utilisent d’ailleurs souvent une combinaison de ces tactiques pour exercer leur pouvoir sur les autres.

*Source : https://www.education.gouv.fr/non-au-harcelement/qu-est-ce-que-le-harcelement-325361

Comment prévenir le harcÚlement scolaire ?

L’une des solutions est d’accompagner et d’outiller les enfants Ă  savoir comment rĂ©pondre eux-mĂȘmes aux intimidations. Ils auront alors la possibilitĂ© de se dĂ©fendre. En effet la sensibilisation au sujet et le sentiment de compĂ©tence permettent d’éloigner un stress qui peut figer sur le moment. Il pourront ainsi transmettre leurs compĂ©tences Ă  d’autres camarades.

 

En effet, si l’enfant sait se dĂ©fendre, il ne prend pas la position de victime.

S’il n’y a pas de victime, il n’y a pas de harceleur.

Et en l’absence de victime et d’agresseur, il ne peut y avoir harcĂšlement !

Nous avons besoin d’accompagner nos enfants Ă  dĂ©velopper leurs compĂ©tences psycho-sociales : estime de soi, confiance en soi, Ă©coute, attention, communication, empathie, rĂ©gulation des Ă©motions


En effet, ces compĂ©tences favorisent le « bien vivre ensemble », puisqu’elles permettent – dans les groupes de jeunes – un meilleur climat relationnel. Par ailleurs, un adolescent qui aura grandi dans un environnement respectueux et empathique dĂšs son plus jeune Ăąge aura plus tendance Ă  intervenir en tant que tĂ©moin par exemple.

Et parce que nous savons que ce n’est pas Ă©vident, nous vous accompagnons en ateliers de groupe et en coaching. Effectivement, vivre la non violence Ă©ducative au sein de la famille est un facteur central dans la baisse de la violence dans la sociĂ©tĂ© en gĂ©nĂ©ral.

Un outil pour travailler l’assertivitĂ©

Pour travailler l’assertivitĂ©, nous proposons rĂ©guliĂšrement en sĂ©ance de coaching le jeu de cartes Takattak. Ce dernier va permettre aux enfants de s’amuser Ă  s’entraĂźner Ă  avoir de la rĂ©partie dans un environnement sĂ©curisant (entre amis , en famille,
).

Le but est de riposter en une phrase sans crĂ©er de conflit tout en rĂ©pondant en fonction de la consigne : autodĂ©rision, pirouette, dĂ©sarçonner avec un compliment


Ce jeu de cartes est destinĂ© aux  8-12 ans (il est possible d’y jouer plus tĂŽt si vous le sentez pour votre enfant) et il  existe aussi :

– en version classique pour les ados et les adultes

– dans une version TRASH (sur les sujets du sexisme, homophobie, racisme, cyber-harcĂšlement… ), trĂšs adaptĂ© Ă  la rĂ©alitĂ© d’aujourd’hui

En tenant tĂȘte Ă  un intimidateur, la relation reste Ă©quilibrĂ©e ce qui protĂšge du harcĂšlement. Pour rappel : en situation de harcĂšlement, l’un prend le dessus parce que l’autre se rabaisse, ne sachant pas comment faire autrement !

 

Pour aller plus loin, voici quelques ressources :

« HarcĂšlement scolaire : le vaincre c’est possible : La mĂ©thode de prĂ©occupation partagĂ©e » (Jean-Pierre Bellon) et Bertrand GARDETTE

“Te laisse pas faire” et « Je me dĂ©fends du harcĂšlement” d’Emmanuelle Piquet

« Stop au harcĂšlement ! – Un livre indispensable pour comprendre et agir face au harcĂšlement », de Chantal Rojzman, ViolĂšne Riefolo, Isabelle Filliozat, Lucie Durbiano

« 100 idées pour accompagner les jeunes neuroatypiques face au harcÚlement », de Myriam Bost (Auteur), Amélie Sourd et Justine Viviant


La JournĂ©e de la Non-Violence Éducative : un engagement pour l'avenir

La journée de la non-violence éducative :

un engagement pour l’avenir

Le 30 avril 2024, depuis 20 ans, nous fĂȘtons la JournĂ©e de la Non-Violence Éducative en France. A l’initiative de Catherine Dumonteil-Kremer 🔗, elle vise Ă  sensibiliser Ă  l’importance de l’Ă©ducation non violente.

En rĂ©sumĂ©, l’objectif est de promouvoir une Ă©ducation qui favorise le dĂ©veloppement Ă©motionnel et intellectuel des enfants sans recourir Ă  la violence physique ou verbale. Cela nĂ©cessite donc d’encourager les parents, les Ă©ducateurs et les adultes en gĂ©nĂ©ral Ă  adopter des approches Ă©ducatives  basĂ©es sur le respect mutuel, la communication positive et la rĂ©solution pacifique des conflits.
La JournĂ©e de la Non-Violence Éducative est aussi l’occasion de sensibiliser les individus aux effets nĂ©fastes de la violence dans l’Ă©ducation. Elle encourage Ă©galement le dialogue et l’Ă©change d’expĂ©riences car on ne le dira jamais assez : « il faut tout un village pour Ă©duquer un enfant ».

La non-violence Ă©ducative en France

Le cadre légal

Ces derniÚres années les choses bougent :

📕 La loi du 10 juillet 2019 🔗, a modifiĂ© l’article 371-1 du Code civil français pour interdire explicitement tout chĂątiment corporel ou traitement cruel, dĂ©gradant ou humiliant envers les enfants : « l’autoritĂ© parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques ». Cette interdiction couramment nommĂ©e « loi anti fessĂ©e » vise Ă  protĂ©ger les enfants de tout type de violence physique dans le cadre Ă©ducatif. Cela a constituĂ© une premiĂšre Ă©tape vers l’interdiction des chĂątiments corporels et autres formes de violence Ă©ducative. Elle prĂ©cise les sanctions en cas de non-respect de l’interdiction des violences Ă©ducatives ordinaires. Elle a ainsi consolidĂ© le cadre lĂ©gal visant Ă  protĂ©ger les enfants contre toute forme de violence physique ou psychologique dans le cadre de l’Ă©ducation.

Le premier pays Ă  s’ĂȘtre engagĂ© contre les violences Ă©ducatives est la SuĂšde en 1979, La France est le 56Ăšme pays Ă  adopter cette loi, aprĂšs avoir Ă©tĂ© condamnĂ© en 2015 par le Conseil de l’Europe.

La réalité dans les familles

C’est une chose d’avoir un cadre lĂ©gal, s’en est une autre de vivre concrĂštement une Ă©ducation non violente avec ses enfants. En effet, de nombreuses questions en dĂ©coulent. De maniĂšre gĂ©nĂ©ral, il est assez facile de se reprĂ©senter ce qu’est une maltraitance. Il est cependant beaucoup plus difficile de dĂ©finir ce qu’est une violence. En fonction de notre cadre Ă©ducatif, culturel, de notre histoire…. nous considĂ©rons certains comportements violents et d’autres non. Difficile de faire consensus !

Qu’est ce qu’une violence Ă©ducative ?

Aujourd’hui sont considĂ©rĂ©s comme violences Ă©ducatives :

📌 Les chĂątiments corporels : cela inclut les fessĂ©es, les gifles, les coups de ceinture, etc.

📌 Les violences verbales : cela comprend les insultes, les humiliations, les menaces, les cris constants, etc.

📌 Les humiliations et les dĂ©gradations : cela peut aller de l’humiliation publique Ă  des gestes ou des paroles dĂ©gradantes.

📌 Les nĂ©gligences affectives ou Ă©motionnelles : ignorer les besoins Ă©motionnels d’un enfant ou lui refuser l’affection peut Ă©galement ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une forme de violence Ă©ducative.

Agir contre les violences Ă©ducatives

Aletha Solter a Ă©crit « l’enfant n’a pas besoin de parents parfaits mais de parents engagĂ©s dans une dĂ©couverte rĂ©paratrice d’eux-mĂȘmes ». Oui, les sources de stress, la pression, les contraintes sont nombreuses autant pour les enfants que pour les parents. C’est autant de raisons qui peuvent nous faire dĂ©goupiller, nous dĂ©connecter de nos propres besoins. Parfois, il  suffit de pas grand chose pour que cela explose. La non-violence Ă©ducative c’est comprendre le ou les dĂ©clencheurs de l’Ă©motion, du stress, du sentiment aussi intense soit-il pour dĂ©construire les mĂ©canismes du stress et non contenir, retenir la violence qui Ă©merge. Parfois un mot, un cri, un ras-le-bol vient blesser l’enfant : sommes-nous prĂȘts Ă  prendre le chemin de la rĂ©paration pour retisser la relation?
De plus, de nombreux parents arrivent Ă  la parentalitĂ© positive en espĂ©rant y trouver une baguette magique et ainsi pouvoir vivre un quotidien serein. N’est-ce pas une belle illusion ? La vie de famille est par dĂ©finition chaotique car en perpĂ©tuel mouvement : rien n’est figĂ©, tout Ă©volue. L’objectif de la non-violence Ă©ducative est de repenser nos rapports adulte-enfant, de penser le conflit autrement, de rĂ©flĂ©chir Ă  faire coexister des besoins diffĂ©rents, d’Ă©couter et d’ĂȘtre Ă©coutĂ©. Souvent, quand nous disons « mon enfant ne m’Ă©coute pas », nous voulons dire « mon enfant ne m’obĂ©it pas »… C’est tellement difficile de sortir des modĂšles Ă©ducatifs d’obĂ©issance dans lesquels nous baignons depuis si longtemps !

Quelques questions pour faire bouger les choses

Qu’en est-il de nos attentes de parents ? Sommes-nous prĂȘts Ă  considĂ©rer l’enfant autrement, Ă  remettre en question nos pratiques ? A accepter l’enfant comme quelqu’un qui a dĂ©jĂ  des compĂ©tences et qui a aussi Ă  nous apprendre ?

Il y a tellement de chemin Ă  parcourir vers la non-violence Ă©ducative, tellement de remises en questions, tellement de dĂ©couvertes. Et si nous le faisions ensemble ? DĂ©couvrez nos coachings personnalisĂ©s ou nos ateliers collectifs  pour les parents🔗  et nos formations pour les professionnels 🔗 pour avancer Ă  votre rythme et faire bouger les choses.

 

Cette annĂ©e encore, nous nous engageons bĂ©nĂ©volement auprĂšs des parents et des professionnels pour la JournĂ©e de la Non-Violence Éducative. Vous pouvez aussi dĂ©couvrir le travail militant de ll’OVEO – Observatoire des Violences Éducatives Ordinaires 🔗 et la campagne de la Fondation pour l’Enfance 🔗


Les enfants et le numérique : 6 conseils pour les accompagner

Les enfants et le numérique :

6 conseils pour les accompagner

Vivre Ă  l’Ăšre numĂ©rique offre Ă  nos enfants et Ă  nos ados d’innombrables opportunitĂ©s, mais cela apporte Ă©galement son lot de responsabilitĂ©s et de dĂ©fis uniques. En tant que parent ou Ă©ducateur, il est essentiel d’accompagner nos enfants dans leur utilisation des technologies et de les aider Ă  dĂ©velopper des compĂ©tences numĂ©riques saines. En plus des balises 3-6-9-12 proposĂ©es par Serge Tisseron 🔗, voici quelques propositions pour naviguer dans un monde numĂ©rique en constante Ă©volution.

Conseil n°1 : Communiquez et portez de l’intĂ©rĂȘt 

Chez Gestes et mots d’amour, nous vous encourageons Ă  favoriser un environnement oĂč vos enfants se sentent Ă  l’aise de partager leurs expĂ©riences en ligne. Encouragez-les Ă  vous parler de leurs activitĂ©s, de leurs intĂ©rĂȘts, de leurs jeux et des plateformes qu’ils frĂ©quentent. Vous pouvez peut-ĂȘtre proposer Ă  votre ado de jouer en ligne avec lui ? Bref, soyez curieux et informĂ©s sur les applications, les rĂ©seaux sociaux et les jeux du moment afin de pouvoir discuter de maniĂšre constructive.

Conseil n°2 : Établissez des rùgles claires 

DĂ©finissez des rĂšgles pour l’utilisation des Ă©crans. Limitez le temps, fixez les types de contenus autorisĂ©s, encouragez des pauses rĂ©guliĂšres et dĂ©finissez des zones sans Ă©crans dans la maison (ex : dans les chambres Ă  partir d’une certaine heure, Ă  table lors des repas,…). Impliquez vos enfants dans l’Ă©laboration de ces rĂšgles : en y mettant de la collaboration et du sens, vous maximisez les chances de faire respecter le cadre.

Poser des limites de maniĂšre respectueuse ça s’apprend avec les ateliers Faber et Mazlish 🔗 ou les ateliers Vivre et grandir ensemble 🔗.

Conseil n°3 : Sensibilisez à la cybersécurité 

Apprenez Ă  vos enfants Ă  reconnaĂźtre les menaces en ligne et Ă  protĂ©ger leurs informations personnelles. Pour cela, vous pouvez les aider Ă  configurer correctement les paramĂštres de confidentialitĂ© sur leurs comptes en ligne (d’ailleurs, le faites-vous pour vous-mĂȘmes ?). Expliquez l’importance de choisir des mots de passe forts et de ne pas partager d’informations sensibles avec des inconnus en ligne. 

Pour faciliter les premiers pas, il est tout Ă  fait pertinent d’accompagner l’enfant lors de ses premiĂšres navigations sur Internet

Il est Ă©galement intĂ©ressant d’amener une discussion sur la distinction d’espace intime et public. En plus du droit Ă  l’intimitĂ©, on peut Ă©voquer le droit Ă  l’image et les trois principes d’Internet :

  • Tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public
  • Tout ce que l’on y met y restera Ă©ternellement
  • Il ne faut pas croire tout ce que l’on y trouve

Enfin, dĂšs la fin de l’école primaire, il est utile d’aborder le cyberharcĂšlement, l’exposition Ă  des contenus inappropriĂ©s (ex : porno
), la cyberprĂ©dation, etc.

Conseil n°4 : Soyez un modÚle 

Nous vous parlons trĂšs souvent de l’effet puissant de la modĂ©lisation chez Gestes et mots d’amour. Effectivement,  lorsque vos enfants vous voient adopter des comportements Ă©quilibrĂ©s vis-Ă -vis de la technologie, ils sont plus susceptibles de faire de mĂȘme. Nous avons donc tout intĂ©rĂȘt Ă  leur montrer comment Ă©tablir un Ă©quilibre entre la vie en ligne et hors ligne, et comment traiter les autres avec respect derriĂšre un Ă©cran.

Conseil n°5 : Veillez sur l’usage

Observez rĂ©guliĂšrement l’activitĂ© en ligne de vos enfants, en particulier pour les plus jeunes. Nous vous invitons Ă  activer les fonctionnalitĂ©s de contrĂŽle parental intĂ©grĂ©es aux appareils (smartphones, tablettes, ordinateurs) pour limiter l’accĂšs Ă  des contenus inappropriĂ©s et dĂ©finir des limites de temps d’utilisation en paramĂ©trant par exemple votre box.

Nous vous encourageons Ă©galement Ă  utiliser des logiciels de contrĂŽle parental, Ă  choisir en fonction des besoins de votre famille. Quelques exemples (Ă  aller creuser dans votre moteur de recherche) : Qustodio 🔗, Bark 🔗, Norton Family 🔗, Google Family Link 🔗
.

L’usage du numĂ©rique dans la piĂšce de vie de la maison permet aussi de jeter un Ɠil rĂ©guliĂšrement sur l’Ă©cran.

Conseil n°6 : Encouragez l’autonomie

Il est vraiment important de permettre Ă  nos enfants d’apprendre Ă  rĂ©guler leur activitĂ© par eux-mĂȘme. Et c’est un sacrĂ© dĂ©fi lorsque l’on connaĂźt les stratĂ©gies des rĂ©seaux sociaux pour accaparer notre attention. Nous vous proposons pour cela deux idĂ©es :

  • crĂ©er du dĂ©bat en regardant par exemple « The social Dilemma » (« DerriĂšres nos Ă©crans de fumĂ©e ») 🔗 documentaire conseillĂ© Ă  partir de 12 ans. En effet, dĂ©velopper leur sens critique est essentiel pour qu’ils fassent ensuite des choix Ă©clairĂ©s.
  • sortir du modĂšle de punition/rĂ©compense si vos enfants n’arrivent pas Ă  lĂącher leur Ă©cran. En effet, la punition a largement tendance Ă  entraĂźner des stratĂ©gies pour y accĂ©der de maniĂšre cachĂ©e. Impliquez-les dans une recherche de solution co-construite. Vous avez plus de chance que cela fonctionne si la solution vient d’eux.

Pour rĂ©sumĂ©, en collaborant avec vos enfants, en Ă©tablissant des rĂšgles claires et en encourageant une utilisation Ă©quilibrĂ©e des technologies, vous les prĂ©parez Ă  tirer pleinement parti des opportunitĂ©s numĂ©riques tout en restant en sĂ©curitĂ© et ancrĂ©s dans le monde rĂ©el. Pour de futurs citoyens numĂ©riques responsables et bien informĂ©s ! Et si vous vous sentez en difficultĂ© sur le sujet, ne restez pas seul, nous pouvons vous accompagner en coaching parental 🔗, l’occasion de dĂ©couvrir de retrouver le chemin vers votre enfant ou votre adolescent.


Le time-out

Ces derniers mois, vous avez certainement entendu parlĂ© du "time-out" dans les sujets de parentalitĂ©. Nous avons donc Ă  coeur de partager avec vous le travail de Marc-AndrĂ© Cotton qui propose de revoir cette thĂ©matique du time-out. Sans ĂȘtre exhaustif, il s'est intĂ©ressĂ© au sujet sur une pĂ©riode s’étalant sur quelques 80 annĂ©es de recherches en sciences du comportement.

Le travail de Marc-André Cotton sur le time-out

"J’ai consultĂ© prĂšs d’une centaine d’études qui font clairement apparaitre que les comportementalistes ont un rapport problĂ©matique aux enfants. D’abord considĂ©rĂ©s comme de vulgaires sujets d’expĂ©rience Ă  l’instar de petits animaux de laboratoire, ces derniers furent par la suite manipulĂ©s par diverses formes de conditionnement, dont le retrait d’attention – le fameux « time-out ».

Un paradigme Ă  revoir

Gardez Ă  l’esprit que pour ces chercheurs, tous les comportements humains sont le rĂ©sultat de rĂ©compenses et de punitions. C’est trĂšs rĂ©ducteur bien sĂ»r, mais ils ne sortent pas de ce paradigme, mĂȘme dans les Ă©tudes les plus rĂ©centes. Les plus anciennes reposent sur des dispositifs qui seraient aujourd’hui considĂ©rĂ©s comme contraires Ă  l’éthique.

Des interprétations critiquables

Leurs expĂ©riences sont rarement conformes aux critĂšres mĂ©thodologiques permettant de produire des rĂ©sultats fiables. Leurs interprĂ©tations sont critiquables, notamment parce qu’elles prĂ©sentent un biais de confirmation problĂ©matique : on ne voit que ce que l’on veut voir, en l’occurrence la nature prĂ©tendument manipulatrice de l’enfant.

Une démarche manquant de rigueur scientifique

Les chercheurs ont Ă©galement utilisĂ©s des artifices statistiques pour pallier la variabilitĂ© et la petite taille des Ă©chantillons Ă©tudiĂ©s et amĂ©liorer ainsi artificiellement les rĂ©sultats. Dans de nombreuses Ă©tudes censĂ©es dĂ©montrer la validitĂ© du « time-out », aucune comparaison avec des approches non-comportementales n’est faite, ce qui disqualifie la dĂ©marche sur un plan scientifique.

Des conséquences mal connues

Quant Ă  la nocivitĂ© du « time-out », les comportementalistes tournent autour du pot depuis des annĂ©es. Ils admettent maintenant que la mesure peut effectivement ĂȘtre nocive si elle n’est pas mise en Ɠuvre dans le strict respect des procĂ©dures qu’ils ont testĂ©es cliniquement. Elle peut aussi agir comme dĂ©clencheur et rĂ©activer des traumatismes existants. Dont acte. Mais quel parent retiendra toutes ces contorsions de langage avant d’appliquer Ă  son enfant une mesure d’isolement ?

Pour aller plus loin sur le sujet du time-out

Pour faciliter votre accÚs aux informations de cet article trÚs dense, vous pouvez accéder facilement aux vingt points dans le lien ci-dessous. Vous pouvez aussi commencer directement par les conclusions. Comme habituellement, toutes les références sont accessibles dans ses notes."

Voici le lien 🔗

Retrouvez nos activitĂ©s pour apprendre Ă  Ă©duquer autrement 🔗


Parentalité : de la famille idéale à la famille réelle

L'idéal de la famille bisounours face au quotidien des parents

 

En nous engageant dans une parentalitĂ© respectueuse des besoins de chacun, il y a pour la grande majoritĂ© des parents, l’envie d’ĂȘtre le parent dont nous aurions eu besoin quand nous Ă©tions petit. Sauf que derriĂšre ce postulat peut se cacher un idĂ©al d’une famille bisounours dans laquelle :

💚 tout le monde se parlerait avec des mots gentils

💚 chacun ferait attention aux Ă©motions de l’autre tout le temps

💚 la bienveillance serait permanente....

 

Faire face à la réalité

Sauf que la rĂ©alitĂ© est souvent bien diffĂ©rente et les raisons Ă  cela sont nombreuses. Nous pouvons d’ores et dĂ©jĂ  en citer quelques-unes (on vous laisse complĂ©ter la liste ! ) :

⚡ Nos rythmes de vie sont trop denses

⚡ Nous ne respectons pas nos besoins physiologiques (dormir assez, bouger rĂ©guliĂšrement, respirer un air de qualitĂ©, manger une nourriture de qualitĂ© en conscience
)

⚡ Nous avons reçu une Ă©ducation traditionnelle/rĂ©pressive/punitive
.

Et nos émotions dans tout ça?

En effet sur chacun de ses points il y a bien entendu matiĂšre Ă  changement ou Ă  travail sur soi. Dans un premier temps, nous vous proposons d’accepter que le chaos fasse partie de la vie. A partir du moment oĂč il y a cohabitation d’individus diffĂ©rents (ce qui est le cas dans une famille), il y a des ajustements permanents Ă  l’autre. Parfois, cela nous affecte et nous pouvons nous sentir dĂ©bordĂ©.e.s, voire envahi.e.s.

Prenons un exemple et observons ce qu’il se passe avec la colĂšre. La colĂšre est une Ă©motion, c’est-Ă -dire un Ă©tat qui se dĂ©clenche suite Ă  un stimuli : peut-ĂȘtre la vue d’une chambre sens dessus dessous alors que vous aviez demandĂ© qu’elle soit rangĂ©e ou une attitude agressive d’un de vos enfants envers un autre


Pour commencer, faites-vous la différence entre « Je suis en colÚre » et « Je ressens de la colÚre » ?

L’idĂ©e est de ne pas s’identifier Ă  cette Ă©motion mais de la percevoir comme une vague qui nous traverse. La colĂšre monte, nous met en tension, puis se relĂąche jusqu’à disparaĂźtre. Nos Ă©motions sont trĂšs utiles, elles nous transmettent une ou des information.s qui nous guident et vont nous permettre de prendre des dĂ©cisions.

Quand cette vague nous traverse, quand tout notre corps se met en Ă©tat de tension, notre colĂšre parle alors de nous. Cela peut Ă©voquer un besoin qui n’est pas comblĂ©, une blessure d’enfant non guĂ©rie
. Selon notre personnalitĂ©, notre culture, notre histoire et notre Ă©ducation, il est possible que la dĂ©charge ne soit pas constructive pour nous et les gens qui nous entourent.

Passons Ă  l'action

1ïžâƒŁ- Je prends le temps de laisser passer la vague et de revenir Ă  un Ă©tat de calme intĂ©rieur. J’identifie le facteur et l’élĂ©ment dĂ©clencheur qui sont bien deux choses diffĂ©rentes. Par exemple quand j'explose pour une verre d'eau renversĂ© par mon enfant, l'Ă©lĂ©ment dĂ©clencheur est le verre renversĂ© mais le facteur est peut-ĂȘtre ma grande fatigue. Ensuite je repĂšre en conscience ce qu’il se passe dans mon corps. A ce moment-lĂ  je suis en Ă©tat de stress et ce n’est pas le moment d’agir mais plutĂŽt le moment de faire une pause. Par exemple, commencer par une respiration rĂ©guliĂšre peut m’aider ou crier dans un coussin

2ïžâƒŁ- J’accepte que l’erreur fasse partie de la vie, je ne suis pas un robot et parfois je suis dĂ©bordĂ©.e. PlutĂŽt que de m’autoflageller, la prioritĂ© est maintenant de retisser les liens avec mon enfant. C'est le moment oĂč je peux aller m’excuser et le rassurer sur l’amour que je lui porte. Lui proposer une autre façon de dire les choses calmement. C’est aussi l’occasion d’ĂȘtre modĂ©lisant, mon enfant a besoin d’un modĂšle pour vivre lui aussi avec ses Ă©motions.

3ïžâƒŁ- Je deviens un parent chercheur, pour apprendre de mes expĂ©riences. Je peux me rappeler que ce sont bien des expĂ©riences et non des Ă©checs ! De cette situation je dĂ©couvre comment transformer les choses la fois suivante. Nous aimons la citation d'Einstein « La folie, c'est de faire toujours la mĂȘme chose et de s'attendre Ă  un rĂ©sultat diffĂ©rent ». Effectivement, une fois sorti.e de la situation de crise je peux repenser les choses et activer mon mode « Recherche de solution ». Je peux mĂȘme y associer mon enfant, me laisser surprendre et faire preuve de crĂ©ativitĂ© !

Le soutien parental, une clé pour avancer!

Nous le rĂ©pĂ©tons trĂšs rĂ©guliĂšrement : la bienveillance commence par nous-mĂȘme. Je ne peux pas donner quelque chose que je ne reçois pas, ou alors pas longtemps car mes rĂ©serves ne sont pas inĂ©puisables. Alors profitons de cet instant pour regarder nos Ă©motions avec gratitude, grĂące Ă  elles je grandis et je me rĂ©pare.

Le soutien entre parents est une base essentielle pour faire grandir la relation à nos enfants et vivre une parentalité épanouie. Au quotidien nous nous engageons à vos cÎtés pour faire de vos imperfections une force créatrice de liens ! Découvrez nos ateliers comme le cycle Vivre et Grandir ensemble ou Accueil des émotions ou pour une expérience sur-mesure le coaching parental.


Ressources autour des apprentissages

Accompagner les apprentissages dans le jeu et la bonne humeur

En fonction de notre vécu et de nos expériences dans ce domaine,  nous pouvons éprouver différents ressentis dans l'accompagnement des apprentissages de nos enfants : plaisir, curiosité, stress, frustration, impuissance... Les derniÚres connaissances en neurosciences nous amÚnent à réfléchir notre posture. Lorsque nous souhaitons faire différemment, cela nous demande de l'énergie. Pour vous accompagner à prendre du recul, à changer de regard et à vous outiller, nous avons eu l'envie de vous partager quelques ressources (non exhaustives) :

 

📕 Livres : 

“Apprendre autrement avec la pĂ©dagogie positive” d'Audrey Akoun et Isabelle Pailleau

"Les apprentissages autonomes" de John Holt

"100 jeux pour aider son enfant en difficultĂ© d'apprentissage" pour les enfants de 6 Ă  12 ans qui prĂ©sentent un ou des troubles des apprentissages (Dys), troubles moteurs, un trouble du dĂ©ficit de l’attention avec/sans hyperactivitĂ© (TDAH), des troubles Ă©motionnels voire mĂȘme un trouble du spectre autistique (TSA).

"Heureux d'apprendre Ă  l'Ă©cole" de Catherine Guegen

"1, 2, 3, les devoirs ne sont plus un cauchemar : ni pour les enfants, ni pour les parents..." de VĂ©ronique Maciejak

"Brain gym : Bouger pour apprendre" de Francine DriĂšs

"Les lois naturelles de l'enfant" de CĂ©line Alvarez"Parler pour que les enfants apprennent" d'Adele Faber et Elaine Mazlish

"Apprends moi Ă  faire seul" de Charlotte Poussin

 

🎧 Podcasts :

La matrescence

Épisode 141 – La classe autonome : une des meilleures profs du monde dĂ©veloppe sa pĂ©dagogie rĂ©volutionnaire ici

Épisode 140 – Pourquoi le jeu est primordial dans l’apprentissage ? ici

Les Montessouricettes

Episode 167 : Les 6 périodes sensibles Montessori .... et les autres ici

Episode 62 : L'enfant est un scientifique ici

Ensemble naturellement

Episode 2 : Les devoirs ne sont plus un cauchemar ici

 

đŸ› ïžOutils :

MĂ©thode Multimalin pour les tables de multiplication, l'orthographe et la conjugaison

Les Alphas pour la lecture

Mes cartes mentales (coffret pour différentes matiÚres)

 

🎯Comptes Instagram :

les_petits_ecolos ici

latelierdelorthophoniste ici

seveillernaturellement ici

solineseveiller ici

 

Pour aller plus loin dans votre cheminement, pour mettre de la conscience dans la relation, pour expérimenter autrement le processus d'apprentisssage, retrouvez-nous en coaching et/ou en session Vivre et Grandir Ensemble !


L'art de questionner un enfant

Avec l'arrivée de la rentrée scolaire, beaucoup d'entre nous vont se demander comment vont nos enfants et ce qu'ils font de leur journée.

Nous pouvons avoir envie de poser cette fameuse question  : "As-tu passé une bonne journée ?", question qui pourrait donner l'impression à l'enfant de décevoir son parent en répondant par la négative.

Ou d'autres préfÚrent la fomulation : "Comment s'est passée ta journée ?"
A la suite de cette question, vous avez ou vous allez certainement expérimenter une réponse du type "bien"/"pas bien" voire "je ne sais pas".

Il est intéressant de s'interroger sur ce vous ressentez face à ce type de réponse : de la frustration ? de l'inquiétude ? de l'agacement ? de la sérénité ? de la curiosité ?
Il peut effectivement ĂȘtre difficile d'accepter que nos enfants ne veuillent pas toujours partager les dĂ©tails de leur vie. Dans le mĂȘme temps, il est important de l'accepter et de prendre en compte que l'enfant EST et VIT dans l'instant prĂ©sent. Pour se raconter, il aura parfois besoin d'un Ă©lĂ©ment pour raviver le souvenir.

De la mĂȘme façon au moment T, prenez le temps de ressentir votre capacitĂ© Ă  pleinement Ă©couter la rĂ©ponse :
- Suis-je prĂȘt.e Ă  entendre que la journĂ©e a pu ĂȘtre difficile pour mon enfant ?
- Ai-je besoin d'une transition entre mon travail et la récupération des enfants ?
- Ai-je du temps et de la disponibilité pour lui ?

Gardons en tĂȘte que cette question peut aussi ĂȘtre une question dite par habitude, dans le mĂȘme style que "ça va ?"lorsque l'on salue une personne.

AprÚs ce petit moment d'introspection, nous pouvons utiliser des stratégies pour encourager la communication. Voici quelques pistes pour lancer une invitation à raconter sa journée (et non pour attendre et exiger !) :
- donner l'exemple en racontant notre journée
- accueillir les sentiments au lieu de questionner "On dirait que tu as eu une journée difficile"
- partager notre ressenti et Ă©viter les questions : "Je suis content.e de te retrouver"
- utiliser le jeu "une vérité et un mensonge" (chacun raconte une histoire vraie et une fausse de sa journée. Les auditeurs doivent deviner quelle est la vraie)
- utiliser le jeu le top/flop (chacun raconte son meilleur moment et le moment le plus désagréable de sa journée)
- lui laisser la responsabilitĂ© du moment "Quand tu seras prĂȘt.e", "Quand tu en auras envie"...Les enfants ont parfois besoin d'assouvir d'autres besoins (par exemple goĂ»ter, se dĂ©fouler, jouer...) avant de revenir sur leur journĂ©e
- se rendre disponible en limitant les distractions comme le téléphone
- poser des questions ouvertes "Raconte-moi ce que tu as mangé à la cantine", "A quoi as-tu joué à la récréation ?"
- proposer un temps de massage au moment du coucher, car le toucher peut favoriser les échanges privilégiés.

N'oublions pas que nous ne pourrons pas tout savoir et qu'il suffit parfois juste d'observer nos enfants, de les regarder jouer pour avoir accĂšs Ă  leur univers !


La violence Ă©ducative est-elle naturelle ?

A l'occasion de la Journée de la Non Violence Educative du 30 avril, nous avions l'envie de répondre à cette question :

La violence Ă©ducative est-elle naturelle ?

Parce que les chattes donnent parfois des coups de patte Ă  leurs chatons, certains en concluent que le fait de frapper les enfants est naturel (ce qui est dĂ©jĂ  diffĂ©rent que de prendre un objet pour taper). En rĂ©alitĂ©, le coup de patte lui-mĂȘme n'est pas en usage chez les animaux les plus proches de nous. Ainsi, chez les bonobos, espĂšce de singes considĂ©rĂ©s comme les plus proches de l'homme, les mĂšres ne « punissent » pas leurs rejetons. Elles les Ă©loignent simplement d'un danger Ă©ventuel. Elles ignorent Ă©galement le geste de frapper du plat de la main. Si certaines femelles maltraitent leurs petits, plutĂŽt en les nĂ©gligeant qu'en les malmenant, c'est apparemment, presque toujours, parce qu'elles ont Ă©tĂ© elles-mĂȘmes abandonnĂ©es ou nĂ©gligĂ©es dans leur jeune Ăąge. Le seul cas oĂč les mĂšres interviennent violemment contre leurs propres petits, c'est lorsque ceux-ci, devenus adolescents, presque adultes, importunent leurs frĂšres plus jeunes.

Frapper les enfants n'a donc probablement rien d'instinctif. C'est un comportement humain, culturel, acquis par imitation.

On peut donc supposer que, tant que notre comportement a Ă©tĂ© assez proche de celui des grands singes, nous n’avons pas plus malmenĂ© nos petits que ne le font les bonobos. Mais plus les sociĂ©tĂ©s humaines ont Ă©voluĂ© et ont adoptĂ© des comportements Ă©loignĂ©s de leurs comportements innĂ©s (peut-ĂȘtre en particulier au moment du passage Ă  l'agriculture), plus les hommes ont dĂ» ĂȘtre amenĂ©s Ă  imposer des contraintes aux enfants, voire des Ă©preuves douloureuses (rites d'initiation cruels, rites sacrificiels) auxquelles les comportements biologiquement programmĂ©s ne les prĂ©paraient Ă©videmment pas. Les parents ont dĂ» employer la force et la violence pour faire cĂ©der la rĂ©sistance des enfants.
ll est possible aussi que le passage à la sédentarisation et à l'agriculture ait rapproché considérablement les naissances, les bouillies de céréales et le lait d'animaux domestiqués permettant des sevrages précoces.
Alors qu'on suppose que les naissances chez les prĂ©hominiens et les premiers hommes devaient ĂȘtre espacĂ©es d'au moins quatre ou cinq ans, elles ont pu ne plus ĂȘtre distantes que de deux ou trois ans dans les sociĂ©tĂ©s sĂ©dentarisĂ©es. Ce changement de rythme a pu rendre agressive l'attitude des premiers-nĂ©s, encore trĂšs dĂ©pendants de leur mĂšre, Ă  l'Ă©gard des nouveau-nĂ©s qui l'accaparaient. D'un autre cĂŽtĂ©, l'hormone de l'allaitement, la prolactine, a pour effet secondaire de rendre les mĂšres extrĂȘmement sensibles Ă  la moindre agression contre leur nourrisson. Il n'est pas impossible que ce rĂ©flexe de dĂ©fense rĂ©pondant Ă  toute manifestation de jalousie des aĂźnĂ©s soit devenu un usage considĂ©rĂ© comme nĂ©cessaire pour l'Ă©ducation. Dans un second temps, les enfants qui avaient subi ce traitement ont pu le rĂ©pĂ©ter par simple compulsion de rĂ©pĂ©tition sur leurs propres enfants. Le cycle de la violence "Ă©ducative" se trouvait ainsi programmĂ© de façon comportementale, dans le cerveau mĂȘme de tout enfant qui en avait Ă©tĂ© victime. Puis ce comportement a Ă©tĂ© thĂ©orisĂ© sous forme de proverbes qui ont traversĂ© les siĂšcles et les millĂ©naires. La violence Ă©ducative devenait ainsi partie intĂ©grante de la culture.

La violence se transmet donc en cascade des parents aux enfants, de génération en génération, et cela peut durer encore trÚs longtemps. Dans un pays comme la France, il a fallu environ un siÚcle et demi à deux siÚcles pour que le seuil de tolérance à la violence éducative s'abaisse de la bastonnade à la gifle et à la fessée.
Nous avançons, car la France a Ă©tĂ© le le 56e pays a adoptĂ© la “loi anti-fessĂ©e” le 2 juillet 2019 qui indique dĂ©sormais que «L’autoritĂ© parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques».
Effectivement, c’est un sacrĂ© changement qui peut ĂȘtre difficile Ă  mettre en place au sein de la famille car nous avons vu que l’éducation traditionnelle est inscrite profondĂ©ment en nous. Nous avons donc Ă  coeur de vous accompagner sur ce sujet en coaching parental et en atelier pour que vous puissiez y trouver des clĂ©s, des pistes de rĂ©flexion et des outils Ă  ramener chez vous. Vous trouverez dĂ©jĂ  des premiĂšres pistes en cliquant ici. 


Les bénéfices de la nature et idées d'activités

Aujourd’hui, quatre enfants sur dix (de 3 Ă  10 ans) ne jouent jamais dehors pendant la semaine, selon un rapport publiĂ© en 2015 par l’Institut de veille sanitaire (INVS). Et les petits Franciliens sortent encore moins. « Le jeu en plein air a Ă©tĂ© Ă©liminĂ© de l’emploi du temps des enfants », rĂ©sume Julie Delalande, anthropologue de l’enfance.

Pourtant, le jeu physique libre en extérieur est un type de jeu qui favorise un développement sensorimoteur sain chez l'enfant.
Plongés en pleine nature, les enfants apprennent à prendre des risques, à surmonter leurs peurs, à se faire éventuellement de nouveaux amis, à réguler leurs émotions, à créer des mondes imaginaires et cela booste leur systÚme immunitaire.

Dans notre vie bien remplie avec un agenda bien chargé, offrons-nous chaque jour à la fois du temps et de l'espace aux enfants pour qu'ils s'amusent dehors ?
Est-ce que mon enfant a des temps pour jouer librement en extérieur en dehors de ses activités extrascolaires ?

Bien sûr, un sport apporte beaucoup aux enfants : responsabilité, esprit d'équipe, persévéranve, endurance...
En revanche, quand il est à l'initiative du jeu et sans supervision, l'enfant peut penser, bouger et créer en sollicitant à la fois son corps et son esprit. Les neurones carburent alors à plein régime tandis que les enfants explorent leur environnement, pleinement vivants.

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Voici quelques exemples d'activités en extérieur pour éveiller les sens :
- marcher pieds nus
- cueillir des fruits ou des baies
- jardiner
- interagir avec des animaux
- grimper aux arbres
- faire des cabanes
- pratiquer le landart
- cuisiner au feu de bois
- proposer des immersions en famille dans la nature : sortie en forĂȘt, randonnĂ©es en montagne, camping...

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Bien sĂ»r, l'extĂ©rieur peut rĂ©veiller nos insĂ©curitĂ©s (avoir peur que l'enfant se blesse et/ou ne soit plus dans notre champ de vision par exemple) et dans le mĂȘme temps, c'est aussi une façon de limiter le temps d'Ă©cran et de sensibiliser les enfants au vivant.

En effet de façon générale, pour protéger, il faut connaßtre. Pour agir, il faut se connecter.

Les bénéfices du jeu en extérieur profitent donc aux enfants à la fois à leur domicile et à l'école.
Ainsi, gardons en tĂȘte que nous ne sommes pas obligĂ©s d'organiser l'activitĂ© des enfants. Se mettre en retrait et leur accorder du temps de jeu libre participe clairement Ă  leur dĂ©veloppement. Ils crĂ©eront spontanĂšment leurs jeux et se mettront en mouvement selon leurs besoins. Ils vous solliciteront peut-ĂȘtre d'ailleurs pour prendre un rĂŽle : Que diriez-vous de dĂ©guster un dĂ©licieux hamburger de terre, accompagnĂ© de sa salade de feuilles ?

Enfin, ce qui est valable pour les enfants l'est aussi pour nous adultes ! Les bienfaits de la nature ne sont plus à démontrer et il existe clairement un impact sur la régulation de notre systÚme nerveux, profitons-en aussi !