Mon enfant se plaint tout le temps : que faire ?

Cette question, on l’a entendue de nombreuses fois pendant des séances de coaching. C’est pourquoi, nous avons décidé d’aborder le sujet  !

Effectivement, il y a des phases où l’on a l’impression que rien ne va jamais pour notre enfant : il fait trop chaud, trop froid, le repas ne lui plaît pas, il s’ennuie, il est fatigué… Et même lorsqu’on propose quelque chose de chouette, il trouve encore quelque chose à redire.

C’est épuisant pour vous, et décourageant pour lui aussi. Alors, pourquoi certains enfants semblent-ils voir le verre toujours à moitié vide ? Et surtout : que faire pour ne pas tomber dans un climat de râlerie permanent ?

 

🔎 D’où ça vient ?

  • Un cerveau programmé pour repérer le négatif

Les neurosciences montrent que notre cerveau a un biais de négativité : il retient plus facilement ce qui est désagréable ou dangereux que ce qui est positif. C’est un héritage de l’évolution : il valait mieux que nos ancêtres remarquent un bruit suspect dans la savane plutôt que d’admirer le coucher de soleil. Chez l’enfant, ce mécanisme est encore plus marqué car, de façon vulgarisée, son cerveau « émotionnel » (où se situe l’amygdale, une petite glande en lien avec le circuit du stress) est très actif, alors que la partie qui aide à relativiser (le cortex préfrontal) est encore en construction.

 

  • Une trace de notre histoire humaine

Comme le rappelle Yuval Noah Harari (historien et professeur d’histoire dont nous recommendons l’excellente série de 3 livres-BD documentaires : Sapiens)  l’Homo sapiens a survécu parce qu’il était capable d’anticiper les dangers et d’imaginer le pire. Cette vigilance a longtemps été un atout pour la survie du groupe. Mais aujourd’hui, dans nos vies quotidiennes beaucoup plus sécurisées, ce réflexe se traduit souvent par une tendance à se plaindre, à critiquer ou à voir d’abord ce qui ne va pas.

 

  • Un besoin d’expression

Il est possible que l’enfant ne sache pas encore mettre des mots précis sur ce qu’il ressent. Se plaindre devient alors son moyen d’exprimer un inconfort, une fatigue ou une frustration.

 

  • Un regard qui se construit

En effet, certains enfants sont plus sensibles aux détails négatifs, un peu comme un radar qui capte ce qui cloche avant de remarquer ce qui va bien.

 

  • Un besoin d’attention

Il arrive souvent que la plainte attire l’écoute des parents. Sans s’en rendre compte, l’enfant apprend que râler est une façon efficace d’obtenir du temps et de la présence.

 

  • Une étape de développement :

Entre 6 et 12 ans surtout, l’esprit critique se développe. L’enfant découvre qu’il peut analyser, comparer… et parfois cela se traduit par beaucoup de remarques négatives.

 

🌟 Ce que vous pouvez faire

  • Accueillir le ressenti… sans nourrir la plainte

Première proposition :
“Maman, c’est nul il pleut, je voulais jouer dehors !”
– “Oui, tu es déçu,  tu espérais pouvoir sortir. ”
Puis, passer à autre chose.
👉 Cela valide son émotion, sans alimenter la spirale négative.

2ème proposition :
“Maman, c’est nul il pleut, je voulais jouer dehors !”
– “Oui, tu espérais pouvoir sortir. C’est décevant.”
– “Oui…”
– “Et si on se faisait un jeu de société à l’intérieur, pour passer le temps autrement ?”
👉 Résultat : l’enfant se sent entendu, et vous ne restez pas coincés dans la plainte.

🕵️ Psst : cette compétence est abordée en détails dans les ateliers Faber et Mazlish (ici) !

 

  • Inviter à nuancer

→ Poser une question comme : “Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour toi aujourd’hui ? Et qu’est-ce qui t’a plu ?”

 

  • Donner du vocabulaire émotionnel

→ Plus votre enfant saura nommer précisément (déçu, contrarié, fatigué), moins il aura besoin de se plaindre de façon générale.

 

  • Être modèle

→ Les enfants apprennent beaucoup par imitation. Si vous montrez que vous savez aussi voir le positif (“La journée a été longue, mais j’ai aimé ce moment de calme en rentrant”), il s’en imprègnera.

 

  • Introduire des rituels positifs

→ Le soir, partager “un petit bonheur de la journée” ou faire un “top 3 des choses chouettes” ou « le top/flop ( 1chose qui lui a déplu dans sa journée et 1 chose qu’il a appréciée) » entraînera son cerveau à remarquer le positif.

 

✅ A se garder en tête

Gardez en tête cette hypothèse : un enfant qui se plaint souvent peut avant tout avoir le besoin d’être entendu et reconnu. Avec de la patience et quelques ajustements, il peut apprendre à équilibrer son regard et à apprécier ce qui va bien.

Evidemment, ce n’est pas une vérité absolue et parfois il peut s’agir d’autres choses, comme le signalement d’une difficulté dans sa vie…

💛 Et pour vous, parents…

Si vous vous sentez parfois à bout de patience face aux plaintes répétées, souvenez-vous : c’est normal. Vous êtes humains, vous avez vos limites, et vous faites déjà beaucoup.
Ce qui peut rendre ces moments encore plus difficiles, c’est souvent ce décalage entre tout ce que vous avez donné pour votre enfant et la sensation d’injustice lorsqu’il se plaint malgré tout. Cela amène une question essentielle : quelle place prenez-vous, vous, en tant que parent ?

 

En effet, si vos actions se vivent comme des sacrifices, chaque plainte de votre enfant peut sembler dirigée contre vous, et devient alors insupportable. Mais si, au contraire, vous prenez soin de vos besoins (au moins un peu soyons honnêtes !), il sera bien plus facile d’accueillir ses émotions sans vous sentir attaqué.e.

 

☀️ On le répète sans cesse chez « Gestes et mots d’amour » : prendre soin de vous, c’est aussi aider votre enfant à évoluer dans un climat plus serein.

 

💌 Et vous ?

Votre enfant est-il dans une période où il se plaint beaucoup ? Quels petits rituels positifs avez-vous testés à la maison ?

 

🙋 Et si vous sentez que les plaintes prennent trop de place et pèsent sur votre relation, sachez que nous accompagnons les parents à retrouver des relations plus apaisées et plus joyeuses avec leurs enfants : voir nos activités.

 

👉 Ensemble, avançons vers une parentalité plus consciente et bienveillante !