🌍 L’anxiété chez les enfants : quand le monde devient inquiétant

Guerres, crises climatiques, incertitudes économiques, images en continu, discussions d’adultes entendues à la volée…
Même lorsque l’on pense protéger nos enfants, le monde actuel s’invite dans leur quotidien. Et pour certains et certaines, cela peut se traduire par une anxiété plus ou moins visible.

👉 Bonne nouvelle : l’anxiété n’est pas une fatalité, c’est un signal que nous pouvons accompagner dans de nombreux cas.

Dans cette newsletter, vous trouverez donc :
– une compréhension simple de l’anxiété chez l’enfant
– des repères pour savoir quand s’inquiéter
– des pistes concrètes pour accompagner sans surprotéger

🙋 Qu’est-ce que l’anxiété chez l’enfant ?

L’anxiété est une réaction émotionnelle normale d’anticipation face à une situation perçue comme menaçante ou incertaine. Elle s’accompagne d’un sentiment désagréable d’appréhension, d’une tension musculaire et d’un état de vigilance.

L’anxiété fait partie du développement et elle devient problématique lorsqu’elle est :

  • trop intense
  • trop fréquente
  • ou envahissante au point d’entraver le quotidien de l’enfant

Chez l’enfant, l’anxiété ne s’exprime pas toujours par des mots. Elle peut se manifester par le corps, le comportement ou les relations.

👉 L’anxiété peut être vécue chez tous les humains et n’est pas un signe de faiblesse
👉 C’est souvent le signe d’un système nerveux en alerte, qui cherche à anticiper et donc à se préparer pour se protéger.

🎯 Ce que nous pouvons mettre en place au quotidien

Nous ne pouvons pas changer l’état du monde…
Mais nous pouvons contribuer à construire une base de sécurité émotionnelle solide pour l’enfant ou l’adolescent. Attention toutefois à ne pas rassurer systématiquement l’enfant (ce qui le rendrait dépendant de nous). En effet, l’idée est de lui apprendre à développer ses propres ressources face à l’inquiétude.

1️⃣  Nommer sans surcharger

  • Mettre des mots simples sur ce qui se passe en fonction de l’âge :

« Il y a des événements dans le monde qui sont inquiétants, et beaucoup d’adultes en parlent. »

« Le monde traverse des changements importants, c’est normal que ça te bouscule. »

  • Répondre aux questions sans entrer dans des détails anxiogènes :

« Pourquoi les gens se font du mal ? »
➡️« Parce que parfois les humains ont du mal à se comprendre, à gérer leurs émotions et à trouver des solutions. »   
                             

« Est-ce qu’il va y avoir une guerre ici ? »

➡️ Pour des plus petits : « Personne ne peut savoir l’avenir, mais là tout de suite, tu es en sécurité avec moi. »

➡️ Avec des plus grands : « Ce que l’on sait, c’est que beaucoup de choses sont mises en place pour éviter les conflits ici. »

  • Accepter de dire : « Je ne sais pas » :

« Je n’ai pas toutes les réponses, mais on peut y réfléchir ensemble. »

« Ce que je sais, c’est que je suis là pour toi. »

👉Un enfant rassuré n’est pas un enfant à qui l’on cache tout, mais un enfant à qui l’on dit la vérité à hauteur d’enfant.

2️⃣ Accueillir l’émotion sans la nier

Plutôt que :

« Ce n’est rien » ➡️ « Je vois que ça t’inquiète», « Tu es inquiet/inquiète»

« Tu exagères » ➡️ « Tu as le droit de te sentir comme ça »

« Arrête d’y penser » ➡️ « Je suis là si tu as besoin», « Je suis disponible pour en parler»

👉L’intensité de l’émotion diminue quand elle est reconnue, pas quand elle est combattue.

3️⃣ Limiter l’exposition à l’actualité

  • Éviter les infos en continu à la maison et donc sélectionner les sources d’informations
  • Attention aux conversations d’adultes entendues sans explication
  • Vérifier ce que l’enfant voit sur les écrans (images, vidéos, réseaux) – voir notre article sur le sujet ICI 

👉 Le cerveau de l’enfant n’a pas la maturité pour faire face seul aux informations, il a besoin d’être accompagné au fur et à mesure des âges.

4️⃣ Revenir au corps

Nous avons compris que l’anxiété se vit dans le corps.

Nous avons donc tout intérêt à accompagner notre enfant ou ado à :

  • bouger (marche, sport, jeux libres)
  • respirer lentement (privilégier la respiration abdominale et on trouve facilement des vidéos sur internet de cohérence cardiaque, de techniques respiratoires, etc…)
  • se détendre (rituels, auto-massages et massages, temps calmes,  pratique EFT- Emotional Freedom Techniques,…)

👉 Un corps apaisé aide un cerveau à s’apaiser.

5️⃣ Restaurer le sentiment de contrôle

  • Donner des choix adaptés à l’âge

« Tu préfères écrire ce qui t’inquiète ou en parler ? »

« Tu veux qu’on réfléchisse ensemble ou que je te fasse confiance là-dessus ? »

  • Valoriser les compétences :

« Tu poses des questions, tu cherches à comprendre et tu fais preuve de réflexion. »

  • Mettre en lumière ce qui va bien, même quand le monde semble instable :

“Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour toi aujourd’hui ? Et qu’est-ce qui t’a plu ?”

👉 L’anxiété diminue quand l’enfant se sent acteur, pas spectateur impuissant : « Tu ne peux pas tout changer, mais tu peux agir à ton niveau. Et c’est déjà beaucoup. »

🤔 Et si ce n’était pas « que » de l’anxiété ?

Quand l’anxiété dure, s’intensifie ou empêche l’enfant de vivre normalement (évitements de situation, répercussion sur la vie sociale et familiale, répercussion sur le sommeil, anxiété non en phase avec le développement…), un accompagnement professionnel est clairement recommandé, ne restez pas seul ou seule !

🌟 Pour finir…

Dans un monde incertain, les enfants n’ont pas besoin de parents parfaits.

Souvenons-nous aussi que rassurer excessivement peut parfois empêcher l’enfant de développer ses propres ressources face à l’inquiétude.
Les enfants et ados ont donc besoin de parents suffisamment présents, à l’écoute, et prêts à se questionner.

Et ça, vous êtes déjà en train de le faire 💛

Votre prochain petit pas dans votre cheminement : choisissez une seule piste parmi celles proposées et testez-la. Nous serons ravies de lire vos retours !

⏩ Ensemble, avançons vers une parentalité plus consciente, plus confiante, plus libre et plus solidaire  !