Famille recomposée : comment trouver sa place quand il n’y a pas de mode d’emploi ?

On s’aime. On veut que ça fonctionne. On veut construire quelque chose ensemble.

Et pourtant…

Parfois, on ne sait plus très bien qui doit faire quoi, qui peut dire quoi, ni quelle place chacun peut prendre.

Quand deux histoires familiales se rencontrent, il faut composer avec les enfants, les ex-conjoints, les habitudes de chacun, les règles différentes, les rythmes de vie, les émotions… et parfois avec quelques blessures encore présentes.

Dans une famille recomposée, chacun cherche sa place… mais personne ne reçoit vraiment le mode d’emploi.

Les familles recomposées : une réalité pour de nombreux enfants

En France, les familles recomposées ne sont plus une situation marginale.

En 2022, 704 000 familles recomposées vivaient avec 1,47 million d’enfants mineurs.

Cela représente 10,5 % des enfants mineurs vivant dans une famille recomposée.

Derrière ces chiffres, pourtant, il n’existe pas un modèle unique.

Effectivement, il y a des familles où les enfants vivent à temps plein avec le nouveau couple, d’autres où ils passent d’un foyer à l’autre. Des couples où chacun a déjà des enfants, d’autres où seul l’un des deux est parent. Des enfants qui ont des demi-frères et demi-sœurs, des enfants communs qui arrivent ensuite…

Chaque famille recomposée doit donc inventer son propre équilibre et cette construction peut prendre du temps.

« Quelle est ma place ? »

C’est peut-être l’une des questions centrales de la famille recomposée !

Pour le parent

Comment préserver son ou ses enfants tout en construisant une nouvelle histoire de couple ?
Comment faire lorsque les règles, les habitudes ou les attentes ne sont pas les mêmes dans les deux foyers ?
Comment accueillir son nouveau conjoint auprès de ses enfants sans lui demander de prendre une place qui n’est pas la sienne ?
Et comment continuer à être parent lorsque l’on souhaite aussi donner de la place à son couple ?

Pour le beau-parent

Dois-je intervenir ? Jusque où ?
Que faire lorsque le comportement d’un enfant me met en difficulté ?
Comment créer une relation avec lui sans chercher à devenir son parent ?
Et comment trouver ma place lorsque je participe au quotidien, mais que je n’ai pas les mêmes droits ni la même légitimité que son parent ?

En effet, cette dernière question est loin d’être anodine.

La place du beau-parent : entre quotidien et cadre juridique

Le beau-parent peut être très présent dans la vie d’un enfant : préparer les repas, accompagner les devoirs, gérer les trajets, participer aux activités, consoler, écouter, poser certaines limites…

Mais le droit français ne lui attribue pas automatiquement un statut parental.

Cela crée parfois un décalage : dans la vie de tous les jours, le beau-parent peut occuper une place importante ; juridiquement, cette place reste particulière.

Et lorsque le beau-parent n’a lui-même jamais eu d’enfant, ou lorsque chacun des adultes arrive avec ses propres enfants, la question peut encore se complexifier.

La place du beau-parent est donc réellement à réfléchir et à créer en fonction de ce qui semble juste dans chaque composition familiale.

Et l’enfant dans tout ça ?

Pour l’enfant, la recomposition familiale signifie souvent devoir composer avec plusieurs appartenances.

Peut-être plusieurs maisons.

Parfois plusieurs façons de vivre.

Des règles qui peuvent évoluer ou être différentes.

Un parent qui ouvre un nouveau chapitre de vie.

Un beau-parent à qui il faut apprendre à faire une place.

Et parfois de nouveaux frères ou sœurs.

Par conséquent, cela peut faire émerger ce que l’on appelle un conflit de loyauté.

L’enfant peut, par exemple, avoir le sentiment que s’il apprécie le nouveau conjoint de son parent, il trahit l’autre parent.

Ou qu’il doit prendre parti.

Ou encore qu’il n’a pas le droit d’être heureux dans une maison lorsqu’il sait que l’autre parent est seul.

Même lorsque personne ne lui demande de choisir, l’enfant peut ressentir cette tension entre ses différents liens.

D’où l’importance de pouvoir lui rappeler :
Tu as le droit d’aimer tes deux parents.
Tu as le droit d’aimer ton beau-parent.
Tu n’as pas à choisir.

La famille recomposée n’efface pas les liens précédents : elle doit apprendre à faire de la place à de nouveaux liens sans demander aux anciens de disparaître.

Et puis il y a… le quotidien !

Parce qu’une famille recomposée, ce sont aussi des questions très concrètes :
Qui pose les règles ?
Qui décide pour l’enfant ?
Comment gérer les différences éducatives ?
Comment organiser les vacances et les week-ends ?
Comment faire fonctionner la vie entre deux foyers ?
Comment répartir les dépenses ?
Que devient la pension alimentaire ?
Que se passe-t-il fiscalement ?
Et que prévoir pour protéger son conjoint et ses enfants ?

Ces sujets sont parfois relégués au second plan parce qu’ils paraissent très « administratifs ».

Pourtant, l’argent, le logement, les vacances ou les règles du quotidien peuvent rapidement devenir des sujets émotionnels :
– une question financière peut parler de responsabilité
– une règle éducative peut devenir une question de légitimité
– une décision concernant les enfants peut réveiller une ancienne blessure

Derrière l’organisation, il y a souvent la question de la place de chacun.

Il n’existe pas de recette pour réussir sa famille recomposée

Et c’est peut-être une bonne nouvelle parce que l’objectif n’est pas de créer une famille parfaite !

Il n’est pas non plus question de faire comme si tout le monde devait immédiatement s’aimer. Ni de demander au beau-parent de devenir un parent. Ni de demander à l’enfant de s’adapter à tout.

Il s’agit plutôt de construire progressivement une organisation dans laquelle chacun puisse trouver une place suffisamment bonne.

Une place qui peut évoluer, qui peut être différente selon les moments et qui respecte les liens existants tout en permettant aux nouveaux liens de se créer.

Parce qu’une famille recomposée ne vient pas avec un mode d’emploi.

Mais elle peut se construire, pas à pas, avec du dialogue, des repères et de la place pour chacun.

Sources :

  • Insee, données 2022  :  Familles, ménages et couples : données sur les familles recomposées et les enfants concernés.
  • Insee Première, 2020 : Les familles recomposées : un enfant sur dix vit avec un beau-parent.

>> En cliquant ici, oui je veux être accompagné au sein de ma famille recomposée avec Amandine et Sophie !